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France : des milliards d'euros d'économies pour compenser l'effet de la guerre au Moyen-Orient

Après plus d’un mois de guerre au Moyen-Orient et malgré un cessez-le-feu de deux semaines, le gouvernement français va dévoiler, mardi 21 avril, des mesures d’économies supplémentaires pour compenser l’effet de ce conflit. L’exécutif, qui estime son impact à au moins 6 milliards d’euros, doit aussi faire d’autres annonces en fin de journée sur les aides aux carburants.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à son gouvernement de mettre en œuvre pour 4 milliards d’euros de « mesures supplémentaires de freinage de la dépense », au sein des budgets ministériels, dans un courrier adressé à ses ministres. Le comité d’alerte des finances publiques, qui a commencé à se réunir à 9 h à Bercy autour de plusieurs ministres, dont celui de l’Économie Roland Lescure et celui des Comptes publics David Amiel, devrait préciser les mesures prévues.

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Des parlementaires sont présents pour la réunion de cette instance, dont Éric Coquerel (LFI), président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, et Philippe Juvin (LR), rapporteur général du budget, ainsi que des représentants d’élus locaux, de la Sécurité sociale, ou des syndicats, comme la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon.

Des sources proches des discussions avaient indiqué lundi que le gouvernement devrait annoncer des mesures d’économies pouvant aller jusqu’à 6 milliards d’euros. La guerre au Moyen-Orient a entraîné une hausse des taux d’intérêt et donc de la charge de la dette, pour un coût actuellement « autour de 3,6 milliards d’euros », a rappelé Roland Lescure mardi.

Tout nouvelle dépense équivaudrait à « une annulation d’une dépense prévue »

Le ministre des Comptes publics David Amiel et le ministre de l’Economie Roland lors d’une réunion du comité d’alerte des finances publiques, à Paris, le 21 avril 2024 © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Au total, en prenant en compte aussi l’impact de l’inflation sur les allégements de cotisations sociales et les dépenses indexées prises en charge par l’État, ou encore les dépenses liées aux armées, « le coût total de cette crise pourrait donc représenter au moins 6 milliards d’euros, à date », a détaillé Sébastien Lecornu dans son courrier aux ministres.

Le ministre des Comptes publics avait prévenu que « toute dépense publique nouvelle qui pourrait être rendue nécessaire par la crise » énergétique entraînerait « une annulation d’une dépense qui était prévue, à l’euro près », afin de « tenir (les) objectifs pour 2026 ». Le gouvernement a déjà annoncé 130 millions d’euros de dépenses de soutien face à la crise : 70 millions pour aider transporteurs, pêcheurs et agriculteurs, et 60 millions pour renforcer le chèque énergie.

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Sous l’effet de la crise énergétique, le gouvernement de Sébastien Lecornu a par ailleurs dû revoir à la baisse la semaine dernière sa prévision de croissance, à 0,9 % en 2026 (contre 1 % prévu avant) et en hausse sa prévision d’inflation, à 1,9 % (contre 1,3 % auparavant). Il a maintenu en revanche son objectif de 5 % de déficit cette année, après une bonne nouvelle en 2025 (5,1 % contre 5,4 % initialement attendus). Mais Bercy a prévenu que la « vigilance » restait de mise.

Sous pression pour agir sur les dépenses, le gouvernement pourrait annoncer des annulations ou gels de crédits touchant les ministères, même si certains seraient davantage épargnés. « On ne voit pas comment la Défense trinquerait », a indiqué l’une des sources interrogées par l’AFP. Selon le journal L’Opinion, un milliard d’annulations de crédits du côté de l’État et trois milliards de gels de crédits devraient être annoncés.

« Injuste et stupide économiquement »

Le député LFI Eric Coquerel à son arrivée à la réunion du comité d'alerte des finances publiques, à Paris, le 21 avril 2024

Le député LFI Eric Coquerel à son arrivée à la réunion du comité d’alerte des finances publiques, à Paris, le 21 avril 2024 © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Selon une source syndicale, les mesures d’économies sur la Sécurité sociale, réalisées notamment par des reprises de crédit, ne « devraient pas toucher les assurés sociaux ».

Face à l’ampleur des coupes envisagées, le président de la commission des Finances de l’Assemblée, Éric Coquerel, s’est montré extrêmement critique. Cela aura « un effet récessif garanti sur l’économie, la croissance et les rentrées fiscales. C’est injuste et stupide économiquement », a-t-il écrit sur X.

Créé au printemps dernier, le comité d’alerte des finances publiques s’est réuni deux fois en 2025 : le 15 avril autour du Premier ministre d’alors François Bayrou, et le 26 juin. Ce comité avait alors annoncé un coup de frein supplémentaire de 5 milliards d’euros sur les dépenses publiques.

Avec AFP


Source:

www.france24.com

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