« Tu as vu ? Il y a Michel Drucker. » A peine arrivés à notre rendez-vous, dans un restaurant situé à deux pas des Champs-Elysées, Olivier Nakache et Eric Toledano s’en vont saluer l’infatigable animateur télé de 83 ans, attablé à l’étage inférieur. La rencontre a presque des airs de coup monté, puisque Michel Drucker apparaît dans Juste une illusion, leur neuvième long-métrage, que les deux cinéastes consacrent à leur adolescence, dans les années 1980, à travers des images d’archives. « C’est le seul qui fait le lien entre notre jeunesse et celle d’aujourd’hui », plaisante Eric Toledano.
Créer des ponts plutôt que de la division, voilà une ligne directrice qui anime les réalisateurs depuis leurs débuts, il y a une trentaine d’années. Ainsi, malgré un goût affirmé pour une certaine légèreté, ils refusent de laisser enfermer leurs comédies sous l’étiquette « feel-good movies ». « On fait des films de mélange. Ils ne sont pas préparés dans une usine simplement pour faire du bien », corrige Eric Toledano, le plus volubile du duo.
Au fil des ans et des succès – 19 millions de spectateurs pour Intouchables (2011), 3 millions pour Samba (2014) ou Le Sens de la fête (2017) –, les deux amis n’ont rien changé à leur méthode de travail. Ils se retrouvent chaque jour au bureau pour avancer sur leurs projets. « Si Olivier ne vient pas mercredi prochain, il doit présenter un justificatif, s’amuse Eric Toledano. On a cette exigence parce que c’est une gymnastique, l’écriture. » Le duo apparente son fonctionnement à celui d’une démocratie participative où toute décision est soumise à réflexion et à débat. « Chaque scène est le fruit d’une discussion, ce qui n’est pas forcément le cas de tous les scénarios. »
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Source:
www.lemonde.fr




