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À Malte, des pilules abortives cachées dans l’espace public pour dénoncer l’interdiction de l’IVG

Un archipel européen, des boîtes à clés dissimulées dans l’espace public et des codes secrets pour les ouvrir. La presse maltaise ne parle pas d’une vaste chasse au trésor organisée sur son territoire, mais d’une initiative lancée par une organisation non gouvernementale pour venir en aide aux femmes ayant besoin d’une interruption volontaire de grossesse (IVG).

“Women on Waves, association qui fournit des informations et de l’aide pour pratiquer des avortements dans des environnements compliqués, a annoncé avoir caché 15 boîtes à clés sur les îles de Malte et de Gozo, rapporte Times of Malta. Dans chaque boîte ont été déposés deux types de médicaments couramment utilisés pour avorter, a précisé l’ONG.” Les Maltaises enceintes de moins de 9 semaines sont invitées à contacter l’association si elles souhaitent y accéder pour avorter.

Une femme récemment condamnée

L’initiative a été dévoilée au moment de la Biennale de Malte, où une installation artistique intitulée Avez-vous besoin d’avorter de manière sécurisée ? a également été exposée. Cette dernière fait écho à la législation de l’archipel, dénoncée par nombre d’associations en faveur des droits des femmes. À Malte, l’IVG ne peut être pratiquée par un médecin que dans des cas exceptionnels, lorsque la vie de la mère est en danger.

Le pays est “le seul de l’Union européenne à avoir une législation si restrictive”, précise Malta Today. Le Times of Malta rappelle qu’“une femme a récemment été condamnée à trois ans de prison avec sursis après avoir été reconnue coupable d’avoir avorté” en janvier 2024. Il s’agissait, selon Malta Today, de la seconde condamnation de ce type en moins d’un an.

En décembre dernier, le Parlement européen avait pourtant estimé que l’avortement était un droit fondamental, au même titre que d’autres droits reproductifs. Mais comme le note le titre maltais, La Valette n’est pas obligé de changer sa législation pour la mettre en conformité avec celle des autres États de l’Union européenne. “Néanmoins, d’autres pays membres sont autorisés à utiliser des fonds pour venir en aide aux Maltaises souhaitant avorter à l’étranger.”


Source:

www.courrierinternational.com

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