« Y a pas d’âge pour l’aventure », lancent Marie-Jo et Marie-Noël, sur le canapé. L’octogénaire et la septuagénaire viennent de se rencontrer il y a tout juste quelques minutes, la première ouvrant sa chambre d’amis à la seconde et son mari. « L’accueil, c’est une histoire de famille, affirme Marie-Jo. Mes parents l’ont fait pour des réfugiés, ma mère pour des enfants abandonnés. Alors quand ma coiffeuse m’a dit qu’elle n’avait pas de place, j’ai proposé cette chambre », raconte l’habitante de La Teste-de-Buch (Gironde).
Finalement, sa coiffeuse n’en a pas besoin. Mais Marie-Noël et Alain, arrivés au petit matin d’Audenge, si. « On s’est rendus dans un centre d’accueil. Je ne sais pas comment on aurait pu y dormir », concède la grand-mère, dont l’unique séjour annuel avec ses petits-enfants a été écourté par ce satané incendie qui ravage une partie de la Gironde et notamment le nord du bassin d’Arcachon. « Ici, on va pouvoir se poser, souffler et pleurer. Tout arrive si vite quand on doit évacuer, on n’a pas le temps de réaliser. »
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