Un septuagénaire soupçonné de viols et agressions sexuelles sur 89 mineurs depuis 1971 ne pourra être jugé que pour les faits concernant deux d’entre eux en raison de la prescription, a indiqué vendredi le parquet de Grenoble.
Jacques Leveugle, aujourd’hui âgé de 79 ans, est soupçonné de s’être livré jusqu’en 2023 à des rapports sexuels avec des garçons mineurs de 13 à 17 ans en France et dans une dizaine d’autres pays sur cinq continents, ainsi que des meurtres de sa mère et de sa tante en 1974 et 1992.
89 victimes recensées
L’ancien éducateur exerçait, selon les enquêteurs, une « séduction intellectuelle » sur des jeunes issus de milieux défavorisés, notamment en Algérie, au Maroc, en Colombie, en Inde ou en Allemagne, pour les mettre sous emprise.
Confondu grâce à des mémoires trouvés par son neveu, il a été mis en examen et placé en détention provisoire en février 2024. Dans les quinze tomes, les enquêteurs recensent 89 victimes, certaines désignées uniquement par un surnom ou un prénom.
Devant l’ampleur du dossier, les enquêteurs s’étaient résolus à lancer le 10 février un vaste appel à témoins pour accélérer leur identification.
Les recherches menées depuis ont permis d’identifier cinq nouvelles victimes « qui ont déposé plainte » et 20 autres personnes ayant « côtoyé » M. Leveugle, a indiqué le procureur Etienne Manteaux lors d’un point presse, évoquant « un dossier tout à fait singulier ».
Etouffées avec un coussin
Au total, les enquêteurs ont désormais « identifié 79 mineurs susceptibles d’avoir été victimes d’attouchements sexuels ou de viols » dont 55 « ont été entendus » et 24 « ont déposé plainte ».
Malgré l’évolution de la législation ces dernières années, « la très grande majorité de ces faits sont prescrits compte tenu de leur ancienneté » et, sur les 24 plaignants, seules « deux victimes sont concernées par des faits non prescrits », a-t-il dit. Il s’agit de deux hommes aujourd’hui âgés de 43 et 45 ans.
Le procureur espère une prochaine clôture de l’information judiciaire et la tenue d’un procès devant la cour criminelle départementale de l’Isère « au cours de l’année 2027 ».
Jacques Leveugle, qui n’avait pas de casier judiciaire, ne devrait pas non plus être jugé pour les meurtres de sa mère et de sa tante, commis en 1974 à Maisons-Laffitte (Yvelines) et en 1992 en Suisse et eux aussi « prescrits » dans les deux cas, a poursuivi le magistrat.
Toujours dans ses mémoires, l’homme avait expliqué les avoir étouffées avec un coussin pour abréger leurs souffrances, arguant qu’il aimerait bien qu’on lui fasse la même chose s’il se trouvait en fin de vie.
Source:
www.leparisien.fr






