Thomas B. Reverdy, professeur de lettres a pris position publiquement pour exiger une identification claire des œuvres rédigées par des machines. Dans une tribune parue dans Le Monde, il répond au débat soulevé par l’accusation visant Thélyson Orélien, auteur de C’était ça ou mourir, qui fait l’objet d’allégations selon lesquelles son roman aurait été en grande partie produit à l’aide d’outils automatisés.
Pour Reverdy, la transparence sur l’origine des textes n’est pas un simple détail technique mais une question de valeur littéraire et d’éthique de la lecture. Il plaide pour un label explicite permettant au lecteur de savoir si une œuvre est issue d’un processus entièrement humain, assisté ou généré par une machine. Il souligne que la connaissance de cette origine modifie la réception émotionnelle et critique d’un texte, et qu’un cadre d’information est nécessaire pour préserver les critères qui fondent l’appréciation littéraire.
La polémique autour d’Thélyson Orélien a ravivé les interrogations sur la place de l’intelligence artificielle dans les pratiques d’écriture contemporaines: quels standards appliquer aux éditeurs, comment évaluer la paternité d’une œuvre, et quelles obligations d’information imposer aux maisons d’édition et aux auteurs. Les débats portent aussi sur l’impact pour les prix littéraires, les contrats d’édition et la confiance des lecteurs, sans que la situation actuelle n’ait encore été encadrée par des règles partagées au sein du secteur.
Cette prise de position institutionnelle rejoint un mouvement plus large qui réclame des repères clairs entre production humaine et production assistée ou automatique. Sans avancer de solutions juridiques précises, la proposition d’un label vise avant tout à favoriser la transparence et à permettre une évaluation informée des œuvres. Le dossier illustre la manière dont les mutations technologiques obligent le monde de la littérature à redéfinir ses seuils d’authenticité et ses critères d’évaluation, tandis que la discussion publique autour de l’affaire Orélien se poursuit.






