Kinshasa – En République démocratique du Congo, le débat autour d’un éventuel troisième mandat présidentiel continue de susciter de profondes inquiétudes au sein de la société civile et de nombreux acteurs politiques attachés à l’État de droit. Face aux tentations de modification constitutionnelle, des voix s’élèvent avec fermeté pour rappeler un principe fondamental : dans une démocratie, nul n’est au-dessus de la Constitution.
Pour l’activiste engagé Palmer Kabeya, le peuple congolais ne peut accepter que les règles de la République soient modifiées au gré des ambitions personnelles. Il rappelle que l’article 5 de la Constitution consacre la souveraineté du peuple, tandis que l’article 64 impose à chaque citoyen le devoir sacré de défendre l’ordre constitutionnel contre toute dérive.
« Une nation forte ne change pas ses lois pour un homme. Ce sont les hommes qui doivent respecter les lois de la nation », insiste-t-il, dénonçant toute tentative de révision opportuniste pouvant fragiliser davantage les institutions du pays.
Dans son plaidoyer, Palmer Kabeya appelle au calme, à la responsabilité et à la maturité politique. Il exhorte le président Félix Tshisekedi à achever son second mandat dans le respect de la Constitution et à organiser, en 2028, une alternance démocratique exemplaire qui marquerait une étape historique pour la RDC.
Selon lui, le véritable héritage d’un chef d’État ne se mesure pas à la durée de son maintien au pouvoir, mais à sa capacité à renforcer les institutions et à garantir une transmission pacifique du pouvoir. « L’Afrique n’a pas besoin de présidents à vie. Elle a besoin d’institutions fortes, stables et respectées », affirme-t-il.
Le message s’adresse également à l’Union sacrée de la nation, invitée à préparer l’avenir dans la sérénité, mais aussi à l’opposition, appelée à construire une alternative crédible, unie et responsable pour 2028. Palmer Kabeya insiste sur la nécessité d’éviter les discours de haine, les tensions communautaires et les affrontements politiques susceptibles de replonger le pays dans l’instabilité.
Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires à l’Est du pays, la pauvreté persistante, la corruption et les attentes immenses de la jeunesse, l’activiste estime que la RDC ne peut se permettre une nouvelle crise institutionnelle. Pour lui, le respect strict de la limitation des mandats constitue aujourd’hui une ligne rouge démocratique et un test décisif pour l’avenir du pays.
« Le Congo a besoin d’une jeunesse consciente, patriote et tournée vers l’avenir. Notre combat doit être celui de la République, de la paix et du respect des institutions », conclut Palmer Kabeya.
À l’approche des échéances électorales de 2028, le débat sur la préservation des acquis démocratiques s’annonce plus crucial que jamais pour l’avenir de la République démocratique du Congo.




