« En mangeant environ 5 fois par semaine au RU avec un repas anciennement à 3,30 euros ça chiffre vite. » En ce lundi 4 mai, Malek, étudiant en mathématiques, est ravi. C’était l’une des promesses du Premier ministre, Sébastien Lecornu : élargir à tous les étudiants le repas universitaire à un euro. Jusqu’à présent, ce tarif social n’était réservé qu’aux étudiants boursiers, les autres devant payer 3,30 euros. Dorénavant, chaque étudiant peut en bénéficier, sans condition de revenus.
Pour Malek, le repas à un euro est une aubaine. Avec des revenus autour de 200 à 300 euros grâce à son emploi étudiant d’agent de sécurité en intérim, manger au restaurant universitaire lui coûte souvent cher. « Si on rajoute à ça mes petites dépenses de café ou de sandwich, manger me fait rapidement dépenser environ le tiers de mes revenus ». Le repas universitaire a dorénavant une saveur particulière pour le jeune homme. « On attendait ce projet depuis longtemps, ce sera bénéfique pour beaucoup d’étudiants », témoigne-t-il, les yeux rieurs.
« La file d’attente est un peu plus longue »
Pour financer cette mesure, 50 millions d’euros ont été alloués pour compenser le manque à gagner, recruter 200 agents et investir dans le matériel de restauration. Une enveloppe bien insuffisante selon certains syndicats et étudiants. Dans un communiqué, l’UNEF déplore des répercussions possibles « sur les conditions de travail des personnels, et sur les étudiants, qui ne pourront pas forcément tous accéder au repas à un euro faute de moyens, de structures et de personnels nécessaires ».
D’autant que certains étudiants n’ont pas vraiment le choix. Oussama, rencontré au Crous dans le VIe arrondissement, est en stage dans le quartier Hausmann dans le IXe. « Pour le prix du repas, j’ai fais le déplacement jusqu’ici : dans le quartier où je travaille, le repas est à 10 ou 15 euros, alors pour un étudiant, et encore plus un boursier comme moi, c’est compliqué. »
Pauline et Clémentine, qui comme Oussama est boursière, se rendent régulièrement au RU, environ 2 fois par semaine. Pour elles, « avoir un repas à un euro, c’est génial pour les étudiants », même si elles estiment que la priorité était « d’essayer d’abord de permettre aux étudiants démunis de tous manger à prix réduit ».
« Par rapport aux autres semaines, je trouve que la file d’attente est un peu plus longue. »
Malek
Si la mesure rencontre du succès, certains étudiants redoutent les files d’attentes pour accéder aux RU : « Par rapport aux autres semaines, je trouve que la file d’attente est un peu plus longue. Je pense que ça continuera d’augmenter, surtout après la rentrée », affirme Malek. Interrogé sur une possible hausse de la fréquentation de ces restaurants, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a témoigné auprès de l’AFP d’une « vraie incertitude sur le nombre de demandes supplémentaires qu’on va avoir ».
Changement de formule, changement de quantité
De son côté, le Crous souhaite massifier le recours à l’application Izzly, pour fluidifier le passage en caisse et garantir un temps d’attente réduit. Une enveloppe de 5 millions d’euros a également été débloquée afin de préparer les infrastructures à l’augmentation attendue de la fréquentation, le réseau ayant déjà enregistré une hausse d’activité de 1,4 % sur l’année écoulée.
Mais plus encore, le risque d’ouvrir à tous les étudiants le tarif jusqu’alors réservé aux boursiers risque, selon certains, de dégrader la qualité des plats ou de voir la quantité diminuer. Un constat qu’a fait Marie (*) ce matin au Crous de Clignancourt. Pour bénéficier du repas à un euro, les étudiants ont le droit à 6 points, redistribués selon le type d’aliment (entrée, plat ou dessert). « Avant, on pouvait prendre un plat à 3 points et des extras, comme un dessert à 2 points par exemple. Mais je me suis faite avoir ce midi, car maintenant le plat est à 4 points », observe Marie (*) qui au lieu de payer 1 euro a atteint 3,30 euros avec ces extras. Mais la jeune femme, qui n’est pas boursière, ne s’en plaint pas. « Mine de rien c’est un plat chaud et équilibré, juste je ferai un choix et ne prendrait pas les desserts les plus gourmands si je veux prendre une entrée ! »
(*) Le prénom a été modifié
Source:
www.leparisien.fr




