Les violences contre les personnes LGBT+ sont-elles de plus en plus importantes dans le monde du travail ? Oui, selon l’association L’autre Cercle, association qui se présente comme «l’acteur français de référence pour l’inclusion des personnes LGBTQIA+ dans le milieu professionnel». C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’un sondage a été mené en début d’année avec l’IFOP, relaie 20 Minutes, mettant en exergue un phénomène : plus d’un tiers (36%) des salariés LGBT+ disent avoir déjà été victimes d’au moins une agression sur leur lieu de travail.
Une hostilité en nette hausse de huit points par rapport à l’année précédente et qui va «de pair avec celle du sexisme et du masculinisme», met en avant la porte-parole de l’association, Catherine Tripon, qui met en cause clairement les sociétés : «Là où on travaille, c’est le reflet de la société, mais si l’organisation signale qu’il y a des lignes à ne pas franchir, les salariés le respectent.» Au cours de cette enquête, près de trois quarts des salariés se déclarant LGBT+ avouent ne pas cacher leur orientation sexuelle sur leur lieu de travail.
37% discriminés par leur direction
Mais pour l’association, si les salariés ne se sentent pas dans un climat de confiance, alors ils pourraient ne pas évoquer leur vie privée et leur orientation sexuelle. Cela a des conséquences, car, quand c’est le cas, ils peuvent renoncer à certains droits (conjoints non inscrits sur une mutuelle par exemple), ne pas bénéficier de congés supplémentaires pour leur mariage ou encore être isolés. Toujours au cours de ce sondage mené avec l’IFOP, 37% de salariés LGBT+ assurent avoir été victimes de discrimination de la part de leur direction (+ 12 points).
Dernier point important selon L’autre Cercle : le fait que plus de trois salariés sur dix seraient mal à l’aise face au «coming out» d’un de leurs collègues. Un climat «inquiétant», déplore Guillaume Savoie, vice-président de L’autre Cercle. A noter que 19% des interrogés révèlent aussi avoir été victimes de violences physiques sur leur lieu de travail. Parmi les plus exposées : les personnes transgenres. Par catégorie socio-professionnelle, les cadres (79%) sont plus épanouis que les ouvriers (65%), note BFM.
La visibilité expose
Pourquoi ? Parce que les ouvriers travaillent plus souvent dans des secteurs à dominante masculine. «Dans l’industrie, dans le BTP, on peut avoir une culture professionnelle plus viriliste qui sanctionne plus facilement la sortie de la norme hétérosexuelle-cisgenre, ce n’est pas systématique, mais c’est plus fréquent», décrypte François Kraus, pôle genre, sexualités et santé sexuelle à l’IFOP. D’ailleurs, selon lui, plus on est visible, «plus on est exposé».
Source:
www.capital.fr




