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OM: "C'est un scandale", l'intégralité du coup de gueule de Benatia contre les joueurs après la défaite à Lorient

Très remonté par la prestation fantomatique de l’OM à Lorient ce samedi en Ligue 1 (2-0), Medhi Benatia a décidé de prendre la parole devant la presse. Pendant près de 6 minutes 30 secondes – quasiment sans interruption – le directeur du football marseillais a poussé un coup de gueule mémorable contre l’attitude des joueurs olympiens. RMC Sport vous a retranscrit l’intégralité de la séquence dans les couloirs du Moustoir.

Journaliste: Pour que vous veniez parler, c’est que c’est suffisamment grave ce qu’on a vu aujourd’hui sur le terrain. Comment expliquez-vous ce qui s’est encore passé de la part des joueurs?

Medhi Benatia: Je ne comptais plus prendre la parole jusqu’à la fin de la saison car on a beaucoup trop parlé les six premiers mois. Aujourd’hui, quoique tu dises, tu as tort. Après des matchs comme ça, tu ne peux qu’avoir tort.

Par contre, comme je l’ai expliqué aux joueurs, quand tu es ici, tu as toujours un sens de responsabilité. Moi, je n’ai pas de problème qu’on me dise que j’ai ramené un entraîneur sur un projet qui devait durer plus longtemps mais qui est malheureusement parti, pas de problème. Qu’on me dise que les joueurs qu’on a ramenés et qui étaient très bons en septembre et qui aujourd’hui sont très mauvais, pas de problème. Que j’ai ramené un nouveau coach qui n’est pas bon non plus, je l’accepte… Mais quand je vois les matchs qu’on fait aujourd’hui, même si je n’ai pas envie de parler, je suis obligé de venir devant la presse.

>> Revivez le match de Ligue 1 entre Lorient et Marseille

Parce que c’est un scandale, tu as une équipe qui est pratiquement en vacances (très belle équipe de football), tu as normalement cinq finales. On fait des stages, ça nous coûte des sous mais tu veux bosser, te retrouver et recréer du liant avec les mecs parce que c’est ce qu’il a manqué. Combien de joueurs sont rentrés dans le vestiaire et on retourné la table? Zéro. Personne. Tout est nickel, les bouteilles sont bien en place. Tu joues à l’Olympique de Marseille, tu fais un match comme ça et tu l’acceptes. Et certains peuvent penser que nous on accepte. Mais j’imagine que le coach, et je le connais, comme tous les coachs (c’est la mode), va prendre ses responsabilités et puis on va passer à autre chose et il n’y a pas de problème. C’est une façon de faire.

Moi, il ne faut pas m’enfumer. Quand tu joues Lorient à 17h, qui n’a rien à jouer, et que tu ne gagnes pas un duel et que tu ne fais pas une course vers l’avant et que tu n’es pas entreprenant, tu ne tentes rien, que tu les regardes et que dans le stade ils font la « ola » parce qu’ils te font petit pont, crochet… Eh oui, c’est ça la vérité.

« On va passer un peu plus de temps ensemble à la Commanderie »

C’est facile, « le logo il est pas beau », ce n’est pas mes histoires, moi je parle football. Et quand tu rentres ici, que tu as cinq finales à jouer pour atteindre ton objectif de Ligue des champions, ça doit se voir. Sauf que ça ne se voit pas. Tous les mêmes coachs tournent et passent et c’est les mêmes choses: on parle de « couilles », d’amour propre, du respect du maillot qu’on porte, du respect des gens. Et à l’arrivée, on fait quoi? Sur un ballon droit de 40m, c’est moi qui y vais? Sur un deuxième ballon, c’est moi qui y vais? Quand tu perd un ballon en transition, en stage on n’a fait que ça. On arrête la balle avec une faute et on se replace, comme font toutes les grandes équipes de Ligue des champions. Aujourd’hui, tu fais quoi? Tu les regardes. Quand tu ne cours pas, que tu ne fais pas ce qu’il faut… Et pourtant, la semaine, on le fait. Depuis un bon moment, la semaine ça bosse.

Et tu verras, il y en a certains qui partiront, il y en a qui te disent la Coupe du monde, « moi j’ai déjà un club »… Pas de problème. Et le plus grave dans ça, c’est que dans deux mois on dira: « Putain, il est bon lui en fait! » Mais ici par contre tu n’as pas fait les efforts. C’est ça qui est plus grave.

Donc je ne peux pas expliquer le pourquoi. Celui qui t’explique aujourd’hui ce genre de prestation, comme celle de Bruges, comme celle au Paris Saint-Germain, comme celle de Nantes à domicile. Cette année, il y en a six ou sept qui sont inexplicables. En tout cas, moi je n’ai pas fait assez de football pour l’expliquer.

Qu’est-ce que vous pouvez encore faire?

Rentrer sur le terrain, gagner les duels, ce n’est pas mes cordes. Mais comme j’ai une responsabilité et que j’ai promis au boss qui m’a demandé de revenir de tout donner jusqu’au dernier jour. Donc je leur ai dit de ne rien prévoir pour les quatre prochaines semaines. On va passer un peu plus de temps ensemble, à la Commanderie. On va bosser.

L’OM perd très gros à Lorient… – 18/04

Où est-ce qu’on va finir? Je n’en sais rien. Si on joue comme ça, on ne va pas gagner beaucoup de points. Ça c’est sûr. Si tu joues comme à Monaco, tu vas en gagner des matchs et je pense que tu peux l’espérer. Mais si on doit passer les quatre semaines ensemble, on va les passer ensemble. Je n’ai aucun problème avec ça. On va bosser le matin, l’après-midi, avec une bonne sieste au milieu, et on va travailler. Quand tu fais ce genre de match, tu as besoin de travailler sur tout. Et puis faire un petit peu de rappel sur ce qu’est un joueur de foot, le privilège quand tu fais ce métier-là dans un club comme celui-ci. Je pense qu’il faut surtout mettre l’accent sur ça. Dans le football, quand tu n’as pas de coeur et que tu ne donnes pas, difficile de recevoir.

Ça peut les faire réagir?

Je n’en sais rien. Comme l’ai dit, je ne suis pas psychologue. On m’a posé beaucoup de questions cette année sur comment tu fais ton pire match contre Nantes et tu fais ton meilleur match quatre jours après au Koweït. Qui est-ce qui a répondu à cette question? Pourtant, vous êtes nombreux. Personne. Parce que tu ne l’expliques pas. Pourtant, c’est la vérité.

J’ai vu des choses cette année qui ne s’expliquent pas. On demande une mentalité, un minimum, un peu d’amour propre, de l’envie parce que tu joues une finale. Et quand tu fais ça… Tu ne sais pas quoi faire. Mais ne pensez pas que nous on l’accepte.

Mais je n’ai pas de doute que le staff va dire que c’est de sa faute, parce que c’est la mode. Tous les coachs, c’est comme ça. Roberto (De Zerbi) c’était pareil. Couvrir les joueurs. C’est bien. Je les aime beaucoup. C’est des super mecs, tout ce que tu veux. Mais les prestations ne sont pas dignes d’un club comme l’Olympique de Marseille.

Est-ce que vous croyez que c’est possible de finir sur une moins mauvaise note?

Je ne peux que y croire. Car tout ce qu’on doit faire, c’est chaque jour essayer de rester en vie. Mais quand tu vois ce genre de match, bien sûr que tu prends un coup sur la tête. Même si tu ne fais pas un grand match contre Metz, tu as 5-6 occasions, tu peux plier le match avant, tu ne marques pas… C’est la Ligue 1. Mais ça… Je parle juste d’envie, je ne parle pas de ballon. Tu as montré quoi aujourd’hui? Peut-être qu’il y en a qui pensent à la Coupe du monde. Peut-être qu’il y a des changements président/directeur, ‘moi attention j’ai un club’. On va voir.

Vous revenez d’un stage et vous parlez de quatre semaines encore plus ensemble.

C’est simplement pour expliquer aux joueurs que s’ils pensent que quelqu’un du club a lâché, on va leur montrer qu’on est prêts à passer toutes les journées à la Commanderie. Il y a des gens qui arrivent tous les jours à 7h et qui repartent à 19h, et qui ne gagnent pas ce qu’on gagne. Si, pour booster le truc, ça fait du bien de passer du temps ensemble, on va le faire. Je n’ai pas de problème avec ça.


Source:

rmcsport.bfmtv.com

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