Une initiative transpartisane a été lancée à l’Assemblée nationale pour encadrer plus strictement les produits du vapotage. Les députés Nicolas Thierry (Les Ecologistes) et Pierre Cazeneuve (Ensemble pour la République) ont déposé une proposition de loi visant à imposer un emballage neutre, sur le modèle du tabac, afin de limiter l’attractivité de ces produits auprès des mineurs.
Le texte prévoit que « les unités de conditionnement, les emballages extérieurs des produits du vapotage », y compris sans nicotine, deviennent « neutres et uniformisés », comme c’est déjà le cas pour les paquets de cigarettes depuis 2017. Les modalités précises seraient définies par décret, avec l’ambition d’étendre cette neutralité « au-delà des emballages », potentiellement jusqu’aux dispositifs eux-mêmes.
Dénonciation des « codes marketing »
Pour Nicolas Thierry, cette mesure répond à un objectif clair : « Il faut retirer à ces produits ce qui alimente leur diffusion auprès des mineurs ». Le député pointe notamment des « codes marketing » jugés attractifs, comme des produits aux « couleurs vives » ou inspirés de « l’univers de la confiserie ».
Pierre Cazeneuve, coauteur du texte, adopte une position plus nuancée. S’il se dit reconnaissant envers « la cigarette électronique », qui lui a permis de « sortir de la cigarette traditionnelle », il estime néanmoins « qu’il faut lutter de toutes nos forces contre l’entrée des jeunes dans l’addiction à travers ces produits ultra-marketés ».
Des précédents en Israël et dans les pays nordiques
Les promoteurs du texte espèrent rallier d’autres groupes politiques pour inscrire la proposition à l’ordre du jour en juin. Elle bénéficie déjà du soutien d’organisations comme le Comité national contre le tabagisme et l’association Contre-feu, qui évoquent des précédents en Israël et dans certains pays nordiques. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de mesures récentes, notamment l’interdiction en 2025 des cigarettes électroniques jetables, dites puffs, portée par l’ex-députée Francesca Pasquini.
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Selon l’enquête européenne ESPAD, 5,8 % des Français de 16 ans déclaraient vapoter quotidiennement en 2024, contre 3,1 % pour le tabac, en nette baisse sur dix ans. L’Anses souligne de son côté que la cigarette électronique, bien que moins nocive que le tabac, présente des « effets probables » sur le plan cardiovasculaire.
Source:
www.20minutes.fr




