Depuis que j’ai des enfants, Baptiste Beaulieu dit avoir changé de perspective sur sa propre histoire. Médecin et romancier reconnu, il a accepté de revenir dans le cadre d’une chronique hebdomadaire organisée par Le Monde sur un épisode déterminant de son existence. Au fil de l’entretien il explique comment la parentalité a modifié sa place dans le récit personnel, faisant basculer l’attention de lui-même vers la protection et la relation aux autres.
Son enfance apparaît d’abord comme une période heureuse, mais elle a été marquée par des agressions sexuelles. Ces violences, longtemps enfouies, ont refait surface il y a sept ans, provoquant une réévaluation des souvenirs et des choix de vie. L’évocation de ces faits est restée centrée sur les éléments qu’il a souhaité partager publiquement, sans détails supplémentaires, et s’inscrit dans un parcours de parole progressivement assumée.
Le constat qu’il formule — « Depuis que j’ai des enfants, je ne suis plus le personnage principal de mon histoire » — met en lumière un déplacement d’attention lié à la paternité. Dans son travail, entre santé et littérature, cette expérience personnelle a des répercussions sur la manière dont il décrit la vulnérabilité, l’écoute et la transmission. Son double statut de praticien et d’auteur lui permet d’aborder la mémoire et la souffrance sous des angles complémentaires, sans toutefois étendre au-delà de ce qu’il a choisi de raconter.
Au-delà du témoignage individuel, cet entretien soulève des questions sur la reconnaissance des violences anciennes, l’accompagnement des personnes concernées et la place de la parole dans l’espace public. Le récit de Baptiste Beaulieu alimente un débat sur la prise en charge et la visibilité des survivants, tout en rappelant le rôle de l’écriture et de la médecine dans la restitution et le soin des mémoires traumatiques.






