La figure de Zidane sert, selon Karim Amellal, d’outil symbolique contre une lecture fataliste de l’histoire nationale. Dans une tribune publiée par Le Monde, l’ancien ambassadeur prend pour point de départ la nomination du nouveau sélectionneur de la équipe de France pour souligner que les récits collectifs ne sont pas figés et que les trajectoires individuelles peuvent déconstruire les déterminismes politiques et sociaux.
Amellal expose l’idée que l’exemplarité publique — incarnée par une personnalité issue d’un parcours populaire et métissé — remet en cause des représentations essentialistes de la nation. Cette lecture se pose comme un contre-récit vis-à-vis de l’extrême droite, qui tend à figer l’appartenance nationale, et par rapport à certaines lectures de la gauche qui peuvent, selon lui, enfermer des groupes dans des rôles immuables. Le sport, et en particulier le football, y apparaît comme une scène où se négocient des symboles et des identités partagées.
La portée de ce raisonnement dépasse le simple terrain sportif. La nomination d’un sélectionneur associé à ces références symboliques peut être interprétée comme un message sur la manière dont se construit l’appartenance collective : non pas comme un donné, mais comme le résultat de choix et d’engagements. À cet égard, le geste public a une valeur communicative — il participe au débat sur la mémoire, la citoyenneté et la place des divers héritages dans l’imaginaire national — sans pour autant résoudre ces questions par lui-même.
En rendant visible ce débat à travers une tribune, Amellal invite à considérer la fonction des figures publiques et des institutions dans la recomposition des récits nationaux. Le propos réaffirme que la manière dont une société interprète son passé influe sur ses orientations présentes, et que la visibilité d’exemples contradictoires au déterminisme peut contribuer à élargir le champ des possibles pour le débat public.






