Un cancer sur huit parmi les quelque 2,3 millions de nouveaux cas recensés en 2024 est attribuable à douze agents infectieux, selon une estimation publiée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Le rapport distingue des agents viraux, bactériens et parasitaires et souligne que, malgré l’ampleur du phénomène, des leviers de prévention existent et sont documentés.
Parmi les agents identifiés figurent notamment des virus comme le papillomavirus humain (HPV) et les hépatites B et C, la bactérie Helicobacter pylori et des parasites tels que Schistosoma. Ces micro-organismes sont associés à des tumeurs définies — le HPV aux cancers du col de l’utérus, H. pylori aux cancers gastriques, les hépatites aux cancers du foie, et certains parasites à des cancers de la vessie — ce qui explique en grande partie la contribution infectieuse au fardeau global du cancer.
Les auteurs rappellent que plusieurs interventions déjà disponibles peuvent réduire ce risque. La vaccination contre le HPV et l’hépatite B, le dépistage et le traitement précoces des lésions précancéreuses, l’éradication de H. pylori et l’amélioration des conditions sanitaires font partie des stratégies efficaces. L’accent est mis sur l’importance d’une mise en œuvre plus large et mieux ciblée de ces mesures, notamment dans les régions où la prévalence des infections responsables de cancer reste élevée.
Sur le plan des politiques de santé publique, la part importante des cancers d’origine infectieuse invite à intégrer prévention infectieuse et lutte contre le cancer dans des programmes unifiés. Améliorer la couverture vaccinale, faciliter l’accès au dépistage et aux traitements antimicrobiens, ainsi que renforcer la surveillance épidémiologique sont présentés comme des priorités pour réduire la charge future de ces tumeurs. Les conclusions du CIRC fournissent ainsi des éléments factuels pour orienter les décisions et adapter les efforts de prévention à l’échelle nationale et internationale.






