TotalEnergies inaugure une unité de recyclage chimique sur le site de l’ancienne raffinerie de Grandpuits, en Seine-et-Marne. La société présente ce projet comme une réponse aux flux de déchets plastiques difficiles à traiter par les filières classiques. L’installation vise à transformer des plastiques complexes en matières premières réutilisables, offrant ainsi une alternative à l’incinération et à la mise en décharge pour certains résidus.
Le procédé mis en oeuvre, qualifié de recyclage chimique, ne dépend pas d’un simple tri mécanique: il est conçu pour traiter des polymères multicomposants et des plastiques contaminés qui échappent au recyclage traditionnel. TotalEnergies souligne le caractère pionnier de l’unité, présentée comme la première de ce type en France, et l’inscrit dans un projet plus large de reconversion industrielle du site de Grandpuits vers des activités orientées vers l’économie circulaire.
Malgré l’affirmation d’innovations techniques, le choix suscite des réserves. Le procédé est jugé coûteux et a soulevé des critiques sur sa pertinence à grande échelle, notamment en termes d’efficacité énergétique et de bilan environnemental global. Des interrogations portent aussi sur la compétitivité économique de ces matières recyclées face aux plastiques vierges et sur la capacité de ce modèle à s’imposer sans aides publiques ou conditions de marché favorables.
Ce lancement intervient dans un contexte où la gestion des déchets plastiques et la transition vers des circuits plus circulaires occupent une place croissante dans les débats industriels et réglementaires européens. L’implantation de cette unité à Grandpuits illustre la stratégie de certains groupes énergétiques de diversifier leurs activités vers le recyclage et la chimie circulaire. Le projet devra désormais démontrer sa viabilité opérationnelle et financière, ainsi que son apport réel à la réduction des flux résiduels de plastique, pour convaincre au-delà des arguments technologiques avancés.






