Succès populaire inédit : la série « The Knockout » a rassemblé quelque 320 millions de téléspectateurs en Chine, devenant l’un des phénomènes télévisuels récents du pays. Au-delà des chiffres, la production se distingue par son inscription explicite dans le registre de l’anticorruption, thématique hautement politique qui occupe une place centrale dans le discours public depuis plusieurs années.
La popularité de la fiction illustre une évolution dans la manière dont le pouvoir communique. Pékin mise désormais sur des programmes de fiction à forte qualité de réalisation pour diffuser et normaliser ses messages. En mettant en scène enquêtes, poursuites judiciaires et représentations de la morale publique, la série propose une narration qui rejoint et amplifie les objectifs officiels de lutte contre la corruption, tels qu’ils sont portés par la direction du pays.
La montée en puissance de ce type de productions soulève des questions sur les frontières entre divertissement et communication politique. Pour le public, la qualité narrative et la mise en scène contribuent à rendre compréhensibles et attractifs des sujets institutionnels complexes. Pour les institutions, l’usage de la fiction permet de toucher des audiences larges et variées en recourant à des codes populaires plutôt qu’à des discours purement officiels.
Au cœur de cette stratégie figure la campagne anticorruption associée au nom de Xi Jinping, dont la visibilité a été renforcée par des dispositifs médiatiques et culturels. Le succès de « The Knockout » illustre ainsi une pratique contemporaine de communication politique : utiliser la puissance des plateformes de divertissement pour inscrire une narration publique favorable à des politiques d’État. Ce phénomène mérite une attention continue, tant pour son impact sur les représentations collectives que pour les transformations qu’il révèle dans la fabrication et la diffusion de récits publics en Chine.






