Adopté ce lundi par l’Assemblée nationale, le projet de loi d’urgence agricole, qui doit encore être validé par le Sénat ce mardi, met une grosse responsabilité sur… l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Cette dernière disposerait, si le texte est définitivement adopté, d’un dispositif permettant d’autoriser, à titre dérogatoire et sous conditions strictes, l’utilisation de deux insecticides, l’acétamipride et le flupyradifurone.
Or ces derniers sont interdits en France depuis 2018 pour protéger les pollinisateurs et la biodiversité, conformément à la loi biodiversité de 2016. Ils restent autorisés au niveau européen, ce qui crée une situation de concurrence déloyale selon les défenseurs de la filière agricole.
« C’est la science qui décide »
Des avis antérieurs de l’Anses et du Conseil d’État ont mis en évidence des risques : effets sublétaux sur les abeilles, toxicité pour les oiseaux, persistance dans les eaux souterraines et préoccupations sur la neurotoxicité développementale. Des alternatives non chimiques ou chimiques existent dans la grande majorité des cas, selon des travaux de l’Anses et de l’Inrae.
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a défendu ce mardi matin sur France Inter le compromis issu de la commission mixte paritaire. Elle a insisté : « Le texte ne réintroduit pas l’acétamipride, c’est la science qui décide, ce n’est pas le politique qui arbitre. » L’Anses disposerait de deux mois pour se prononcer sur des usages limités à certaines filières en difficulté, comme celles de la betterave sucrière, des cerises, des pommes et des noisettes notamment. La ministre a promis « pas de pression du pouvoir politique ».
Source:
www.20minutes.fr






