Les chaînes de télévision et les radios ne pourront plus utiliser les horaires de nuit pour équilibrer le temps de parole des politiques, a décidé le régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom, à neuf mois de l’élection présidentielle. « Le collège de l’Arcom a décidé (…) de ne plus tenir compte des prises de parole des personnalités politiques diffusées la nuit », a annoncé le régulateur dans un communiqué.
Cette décision s’appliquera à partir du 1er octobre. La plage horaire concernée est celle qui va de minuit à 05 h 59 du matin, où les audiences sont très faibles.
Radios et télés transmettent chaque mois les relevés des temps de parole des politiques à l’Arcom, qui les contrôle a posteriori pour s’assurer d’une « équité entre les formations ». Début juin, le groupe public Radio France avait été mis en demeure par l’Arcom pour avoir sous-représenté en journée le Rassemblement national.
Sur la période janvier mars, qui englobait les municipales, près de 60 % du temps de parole accordé aux représentants du RN sur France Inter avaient été diffusés entre minuit et 5 h 59, et plus de 70 % sur France Info. Radio France avait plaidé « l’erreur technique ».
Radio France et CNews épinglés
Fin novembre, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) avait accusé la chaîne de télévision CNews de contourner les règles en reléguant les responsables de gauche la nuit et en offrant les meilleurs temps d’antenne, soit les tranches 7 heures-10 heures et 18 heures-21 heures, à des responsables d’extrême droite. RSF s’appuyait sur des données chiffrées sur Mars 2025.
Dans la foulée, l’Arcom avait annoncé n’avoir pas constaté de manquement au pluralisme sur la chaîne pendant la période visée.
Mi-juin, l’Arcom a mis CNews en demeure de respecter davantage la diversité « des courants de pensée et d’opinion », champ plus large que celui des temps de parole. En ne comptabilisant plus les temps de parole la nuit, « l’Arcom met un terme à une politique de régulation qui avait été largement dévoyée par les éditeurs, au premier rang desquels CNews », a réagi le directeur général de RSF, Thibaut Bruttin, auprès de l’AFP.
« RSF salue un choix qui précise les contours du contrôle du pluralisme dans la perspective de l’élection présidentielle », a-t-il ajouté. D’ici au 1er octobre, l’Arcom dit vouloir travailler « en concertation avec les éditeurs à l’adaptation de son contrôle des temps de parole, afin que leur capacité à accueillir les personnalités politiques et à faire vivre le débat politique ne soit pas affectée ».
Source:
www.la-croix.com






