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Les psys sont formels : les enfants des années 60 et 70 ont développé cette qualité que la nouvelle génération perd à force de scroller

Certaines habitudes d’enfance restent des décennies plus tard.
Les personnes qui ont grandi dans les années 1960 et 1970 ont ainsi
développé une qualité devenue plus difficile à
cultiver aujourd’hui. Elle ne vient pas d’un apprentissage
particulier, mais de longues heures sans programme, sans téléphone
et sans contenu à lancer dès que l’ennui commençait à pointer le
bout de son nez. Un quotidien beaucoup moins rempli, qui a pourtant
fait travailler leur esprit.

Cette qualité est née des après-midi sans programme

À l’époque, un après-midi pouvait s’étirer sans que
personne cherche aussitôt à l’occuper. Les enfants
jouaient dehors avec des bâtons et des feuilles, observaient les
nuages, inventaient leurs propres règles ou attendaient qu’une idée
arrive. Vu d’aujourd’hui, ce temps paraît presque étrange, tant
chaque moment creux peut être comblé par une vidéo, un message ou
quelques minutes de scroll sur les réseaux
sociaux.

Au Féminin rappelle que ces plages sans distraction ont servi
d’entraînement. La qualité en question tient à la capacité
de supporter l’ennui assez longtemps pour faire naître autre
chose. De là viennent une imagination plus disponible, une
attention moins vite dispersée et une certaine facilité à chercher
seul une occupation. Autrement dit, ces enfants ont appris à créer
leur propre stimulation, faute de l’avoir constamment sous les
yeux.

Le temps libre a renforcé cette qualité précieuse

Le site The Artful Parent cite Jamie Jirout, chercheuse en
développement de l’enfant à l’université de Virginie, sur
l’intérêt du temps libre non structuré.
Lorsqu’aucun adulte ne prépare l’activité, l’enfant doit décider,
tester, recommencer et construire lui-même le cadre du jeu. Il ne
suit pas une consigne déjà prête. Il fait ses choix, résout de
petits problèmes et apprend peu à peu à penser par lui-même.

La psychologue Sandi Mann, connue pour ses travaux sur l’ennui,
explique de son côté que le cerveau cherche naturellement
une stimulation. Lorsqu’il n’en trouve pas autour de lui,
il peut la produire. L’esprit vagabonde, rapproche des idées et
imagine des réponses inattendues. L’ennui n’est donc pas forcément une
parenthèse inutile. Il peut devenir un terrain favorable à la
créativité, à condition qu’une notification ne vienne pas couper
court au processus.

Comment préserver cette qualité malgré
les écrans

Chez les adultes qui ont connu cette enfance, le réflexe
reste souvent présent. Ils peuvent lire longtemps,
patienter sans saisir immédiatement leur téléphone ou laisser une
idée se former avant de chercher une réponse en ligne ou
par le biais d’un moteur
d’IA. Au Féminin y voit l’effet d’une habitude répétée
durant des années, jusqu’à devenir une manière presque automatique
de gérer les temps morts. Cela ne rend pas une génération
supérieure, mais montre le poids de l’environnement dans
lequel l’attention s’est construite.

En revanche, les plus jeunes ne sont pas condamnés à
perdre cette qualité. Elle peut se travailler à tout âge,
à condition de laisser revenir des moments sans contenu imposé.
Poser son téléphone pendant un trajet, attendre quelques minutes
avant d’ouvrir une application ou garder une plage libre dans la
journée peut déjà changer le rythme. Le but n’est pas de rejeter
les écrans. Il s’agit plutôt de redonner au cerveau l’espace
nécessaire pour produire ses propres idées.


Source:

www.grazia.fr

La Rédaction
La Rédaction
La Rédaction de Paris Times rassemble un collectif de journalistes et d'analystes engagés à offrir une information rigoureuse, indépendante et réactive. Au quotidien, notre équipe décrypte les grands enjeux politiques, économiques et sociaux pour vous proposer des analyses concises et objectives de l'actualité française et internationale.
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