Hedwig Fijen, fondatrice de Manifesta, signe la dernière édition qu’elle dirige. La 16e édition de la biennale nomade d’art contemporain se déroule jusqu’en octobre et marquera la fin de son mandat à la tête de l’événement. Dans le contexte d’une Europe confrontée à la guerre en Ukraine et à la montée des droites radicales, Fijen insiste sur la capacité de l’art à jouer un rôle d’alerte et de réflexion collective.
Créée pour circuler au-delà des frontières nationales, Manifesta a construit sa réputation en mêlant pratiques artistiques et enjeux publics. La biennale mobile entend offrir un espace où se rencontrent artistes, institutions et publics afin d’interroger les tensions contemporaines. Cette 16e édition, qui s’étend jusqu’en octobre, se présente comme l’ultime manifestation organisée sous la direction de Fijen, sans qu’aucune information nouvelle ne soit avancée sur sa succession.
Le constat formulé par la fondatrice place l’art non pas comme simple reflet esthétique mais comme vecteur d’alerte: il produit des images, des récits et des dispositifs capables de mettre en lumière des réalités politiques et sociales souvent ignorées. Dans un paysage européen traversé par des crises géopolitiques et des renouveaux idéologiques, la visibilité offerte par une biennale internationale permet de susciter débats, solidarités et prises de conscience au sein d’un public élargi.
Au-delà du geste personnel de la directrice, la clôture de cette édition pose la question du rôle futur des grandes manifestations culturelles. Alors que la 16e édition continue son parcours, observateurs et acteurs culturels regarderont comment Manifesta poursuivra son engagement face aux défis qui traversent le continent. La sortie de scène de Fijen marque une étape pour la biennale et invite à mesurer la capacité des institutions artistiques à rester des lieux d’alerte et de discussion dans une Europe en mutation.






