Reinhold Messner face à la caméra de Werner Herzog livre une confession qui structure le documentaire : «Je me sens coupable d’avoir survécu». Le film, intitulé «Reinhold Messner, l’ivresse des sommets», revient sur le parcours de l’alpiniste et sur la douleur qui l’a marqué après la tragédie du Nanga Parbat, survenue une dizaine d’années auparavant, au cours de laquelle il a perdu son frère cadet. Cette parole de Messner découle d’un entretien filmé qui met en lumière l’impact psychologique de l’accident sur sa vie et sa trajectoire publique.
Werner Herzog, connu pour son intérêt pour les «états limites», oriente l’entretien vers l’interrogation des motivations et des limites humaines. À un moment clé, il demande : «Penses-tu être fou de faire ce que tu fais ?» La séquence cherche à documenter non seulement l’exploit sportif, mais aussi la dimension éthique et existentielle du risque pris par l’alpiniste. Le ton de la caméra reste sobre, laissant la parole à Messner sans recourir à l’emphase sensationnaliste.
Au-delà du portrait individuel, le documentaire pose des questions sur la représentation publique de l’exploit et sur la manière dont la perte façonne une légende. Le témoignage de Messner, cadré par Herzog, illustre la tension entre réussite technique et coût humain, et rend tangible ce que la presse et l’imaginaire popularisent souvent comme une quête héroïque. En restituant la parole de l’intéressé, le film contribue à enrichir la mémoire culturelle autour de l’alpinisme et invite à réfléchir aux conséquences psychologiques des grandes ascensions.
Ce film constitue le quatrième volet d’une série en six parties et s’inscrit dans une démarche documentaire qui privilégie l’intimité et la mise à l’épreuve des récits individuels. Il offre aux spectateurs un accès direct à la parole de Reinhold Messner et à une confrontation sobre avec la question de la culpabilité du survivant. TAGS: Reinhold Messner, Werner Herzog, alpinisme






