Dans l’hebdomadaire The Copenhagen Post, le journaliste américain James Niiler, un expatrié installé à Aarhus, livre un récit intime sur la vie à l’étranger, loin des guides pratiques. À partir de son propre parcours entre États-Unis et Europe, il interroge une notion devenue instable : “Qu’est-ce qu’être chez soi pour nous aujourd’hui ? Être chez soi est-il même un concept légitime ?”
Il décrit une expérience fragmentée :
“Cela peut donner l’impression de vivre dans deux (ou plus) univers parallèles, dans lesquels l’expatrié ou l’immigrant doit adopter une identité multifacette comme stratégie de survie.”
Cette tension constitue le cœur de l’expérience de l’expatriation.
Pour dépasser les approches superficielles, James Niiler s’appuie sur Living Abroad. Finding Yourself [“Vivre à l’étranger. Se découvrir soi-même”, non traduit en français] un ouvrage de la coach Helena Andre, installée à Bruxelles. Le livre, paru au début du mois de mars 2026, précise-t-il, est “divisé en six chapitres couvrant l’ensemble du parcours de l’expatriation – de la préparation au départ jusqu’au retour au pays”. Il ne prétend pas résoudre les contradictions mais propose des repères concrets pour les surmonter.
L’auteur critique les contenus classiques qui se limitent à des observations visibles : “Au Danemark, les gens vont au travail à vélo. À Prague, les gens peuvent vous fixer du regard dans le tramway. Et ne soyez jamais en retard lorsque vous rencontrez un Allemand !” Des éléments utiles, mais qui ne disent rien de très profond. “Trop souvent, les contenus destinés aux expatriés se concentrent uniquement sur la partie visible de l’iceberg.”
À l’inverse, le livre qu’il cite met l’accent sur les choix individuels. “Pour se trouver, il faut se construire ; l’authenticité personnelle est moins découverte que créée”, écrit James Niiler, soulignant une dynamique dans laquelle décisions et incertitudes façonnent des trajectoires singulières.
Sans occulter les difficultés – choc culturel, nostalgie, sentiment d’éloignement –, l’article insiste sur une réalité durable :
“Une fois que vous commencez à vivre à l’étranger, vous laissez des morceaux de votre cœur dispersés dans différents pays.”
Une formule qui résume une condition contemporaine : celle d’un “chez-soi” éclaté, toujours en recomposition.
Source:
www.courrierinternational.com






