Le spectacle de la mi-temps de la finale de la Coupe du monde 2026 “a produit exactement l’effet espéré par la Fifa et redouté par les puristes du football : il a transformé le match le plus sacré de la discipline en un rêve pop fiévreux”, résume Billboard.
Le concert lui-même – le tout premier dans l’histoire des finales du Mondial – a duré un peu plus de onze minutes, et “si l’objectif était que chaque seconde compte, la plus grande réussite du spectacle fut de comprendre que la subtilité n’y avait pas sa place”, juge le magazine musical.
Il a en outre porté la durée totale de la mi-temps à “27 minutes et 22 secondes, soit la plus longue de l’histoire de la Coupe du monde”, a chronométré la BBC. Le sujet n’est pas anodin et “avait déjà suscité la controverse, le règlement de l’International Football Association Board (IFAB) stipulant que les joueurs n’ont droit qu’à une interruption maximale de 15 minutes”, explique le diffuseur britannique.
“Tout le monde est gentil”
C’est Madonna qui a lancé les festivités, juchée sur une Jeep conduite par les légendes du football Ronaldo et Ronaldinho, au son de Music, son tube des années 2000 aux paroles unificatrices – “music makes the people come together” (“la musique rassemble les gens”). Pour Le Soir, le ton du spectacle, “lisse et américain”, était ainsi donné d’emblée : “tout le monde est gentil, l’amour et la tolérance priment, vive la paix”.
Le segment préenregistré, filmé dans les couloirs souterrains du MetLife Stadium, a précédé l’arrivée sur la pelouse du stade de la reine de la pop, flanquée des deux footballeurs brésiliens, sous les applaudissements des 80 000 spectateurs.
“Sa brève apparition a mis en évidence ce que beaucoup avaient présenté comme le défaut majeur de ce rassemblement de stars de la musique internationale : trop de monde, trop peu de temps”, remarque USA Today.
De fait, après Madonna, “le spectacle a basculé, de façon haletante et parfois hilarante” dans une sorte de “playlist en lecture aléatoire” au rythme effréné, observe Billboard, alignant Gustavo Dudamel, BTS, Shakira, Burna Boy, un chœur d’enfants, les Muppets, Chris Martin de Coldplay, et même l’acteur Jason Sudeikis – alias Ted Lasso dans la série télévisée éponyme –, venu présenter Justin Bieber.
Coup d’adrénaline
Les artistes se sont tous retrouvés à la fin sur une immense toile déployée sur la pelouse, où l’on pouvait lire LOVE en lettre géantes, accompagné des feux d’artifice de rigueur. “L’ensemble apparaissait quelque peu déjanté, terriblement surchargé mais indéniablement mémorable”, écrit le magazine musical.
Sensible à l’énergie du spectacle, Variety estime qu’avec un match “sans but à la mi-temps, les foules présentes et regardant à la télévision avaient besoin d’un coup d’adrénaline, et le mélange de prestations musicales était plus que désireux d’en fournir un”.
Mais pour Page Six, le site people du tabloïd conservateur New York Post, le plateau d’artistes avait beau être “impressionnant”, le résultat d’ensemble “s’est révélé être un mauvais mélange d’énergies et de transitions étranges, le tout dégageant une impression générale de cacophonie”.
Tom Cruise et la “grandeur” du Mondial
Le Soir note cependant que “l’ambition était claire et l’objectif largement atteint : porter la finale au-delà du simple match, en faire un moment de culture pop planétaire – quitte à brouiller un peu plus les frontières entre sport, spectacle et divertissement”.
Pour le titre belge, “l’avant match avait déjà donné le ton”, avec notamment l’intervention de Tom Cruise, invitant les spectateurs et téléspectateurs à célébrer la Coupe du monde, “cet événement qui a rapproché le monde, c’est ça l’unité, c’est ça la grandeur”.
Mais “entre les grossières ingérences de Trump dans la compétition, le casse-tête pour certaines équipes de passer les frontières étasuniennes à la suite du “travel ban” et la reprise des frappes entre l’Iran et les États-Unis, pas certain que cette Coupe du monde, n’en déplaise à Tom Cruise, ait été un modèle d’ouverture et d’unité”, tacle le quotidien. “Malgré les efforts et sourires de Shakira”.
Source:
www.courrierinternational.com






