« Quand on se lance dans À la recherche du temps perdu, de Proust, ça fait clairement gagner de la place dans la valise de télécharger les sept tomes sur une liseuse », s’amuse Matthieu, 40 ans, qui avoue être, lui, plus branché thrillers que madeleines. Dans sa bibliothèque numérique, il accumule les romans de Harlan Coben et Franck Thilliez et se demande bien où il rangerait tous ces livres s’il les avait achetés « en physique ».
La révolution littéraire a commencé fin 2007 avec le lancement, aux États-Unis, de la Kindle, une liseuse numérique développée par Amazon. Format poche, poids plume, la tablette est dotée d’un écran à encre électronique qui n’éblouit pas et consomme peu de batterie. De quoi permettre de longues heures de lecture.
Des modèles de toutes marques
La Kindle n’arrive réellement dans l’Hexagone qu’en octobre 2011, avec un catalogue de 35 000 œuvres en français et un prix accessible (99 euros à l’époque, dès 110 euros aujourd’hui). Deux mois plus tard, la Fnac réplique en s’associant avec Kobo, une société canadienne rapidement rachetée par le géant japonais de l’e-commerce Rakuten, pour sortir une liseuse tactile (à partir de 170 euros actuellement).
Si la bataille fait toujours rage entre amoureux du papier et adeptes du clic pour tourner la page, les liseuses de toutes marques se sont installées dans le paysage littéraire. En 2025, 14 millions de Français avaient lu au moins un livre numérique selon le Syndicat national de l’édition – les liseuses étant le deuxième support utilisé (34 %) après le smartphone (48 %).
Que ce soit en version dématérialisée ou en librairie, la reine des ventes reste Freida McFadden, qui a conquis les cœurs avec « La Femme de ménage » et ses suites. La liseuse a cet atout génial de permettre au lecteur passionné d’accéder, en un clic, à toute l’œuvre d’un auteur. Grâce au système d’abonnement, les grands aficionados peuvent enchaîner les lectures de manière illimitée, notamment des romances, le genre littéraire le plus prisé actuellement. Des œuvres que les e-lecteurs dévorent comme des petits pains, avant de s’attaquer, peut-être un jour, aux madeleines.
Source:
www.leparisien.fr






