Alors que la France suffoque sous l’effet d’une canicule précoce et particulièrement intense, le premier quartier d’affaires d’Europe pourrait lui aussi subir les conséquences de la chaleur extrême. A La Défense, où près de 200 000 personnes travaillent chaque jour, le vaste réseau chargé de refroidir les tours de bureaux est soumis à une pression inhabituelle. Si les températures restent élevées, certaines pourraient ne plus être climatisées de manière optimale.
Contrairement à de nombreux immeubles équipés de systèmes autonomes, une grande partie des bâtiments de La Défense est raccordée à un réseau de froid mutualisé d’environ 14 kilomètres, explique BFM TV. Son fonctionnement repose sur «une sorte d’usine» produisant de la glace qui permet de refroidir l’eau pompée dans la Seine avant son acheminement vers les immeubles. Cette eau, maintenue à environ 4,5°C, circule ensuite dans les installations de climatisation des tours afin d’en abaisser la température intérieure. Une fois réchauffée, elle retourne vers la centrale pour être refroidie à nouveau, selon un cycle continu.
Des stocks de glace qui fondent à vue d’œil
Mais ce modèle atteint aujourd’hui ses limites. Pour fonctionner efficacement, le réseau doit disposer de réserves de glace suffisantes afin d’absorber les pics de consommation. Or, les températures exceptionnellement élevées compliquent fortement leur reconstitution. Les gestionnaires avaient pourtant anticipé en constituant des stocks au cours des semaines précédentes. Mais depuis plusieurs jours, les installations puisent chaque nuit davantage dans ces réserves qu’elles ne parviennent à en produire. En d’autres termes, le «stock de froid» s’épuise progressivement.
Conséquence : le réseau est désormais sous tension. Si les températures élevées persistent, ses performances pourraient progressivement se dégrader, avec à la clé une climatisation moins efficace et une hausse sensible de la température dans certaines tours. Cet épisode met aussi en lumière les limites d’une partie du parc immobilier de La Défense face à la multiplication des vagues de chaleur. Les emblématiques tours vitrées du quartier, conçues à une époque où les canicules étaient plus rares et moins intenses, apparaissent aujourd’hui particulièrement vulnérables.
Les tours vitrées face au défi du réchauffement climatique
Très exposées au rayonnement solaire, leurs façades en verre favorisent l’accumulation de chaleur à l’intérieur des bâtiments et augmentent mécaniquement les besoins en climatisation. Plus le mercure grimpe, plus la demande en froid augmente, mettant sous pression des infrastructures déjà fortement sollicitées.
Avec l’accélération du réchauffement climatique, cette situation pose plus largement la question de l’adaptation des immeubles de bureaux aux nouvelles conditions météorologiques.
Source:
www.capital.fr






