Il fut un temps où Donald Trump n’était qu’une célébrité parmi d’autres, assistant aux matchs des Knicks de New York. Il était certes connu, mais pas encore escorté par les agents du Secret Service ni associé à ses opinions politiques qui l’ont rendu profondément impopulaire dans sa ville natale.
Plus de dix ans après sa dernière visite au Madison Square Garden pour assister à une rencontre des Knicks, le milliardaire républicain effectue, lundi 8 juin, un rare déplacement à New York en tant que président pour les encourager lors du troisième match des finales NBA contre les Spurs de San Antonio. Invité par le propriétaire des Knicks, James Dolan, il sera le premier président en exercice à assister à un match des finales NBA.
« La réponse est oui », a répondu la semaine dernière le locataire de la Maison Blanche aux journalistes qui lui demandaient s’il serait présent. « Il m’a invité, j’y vais. »
Les Knicks accueilleront les Spurs de San Antonio lundi pour le troisième match des finales NBA, le premier qui aura lieu à New York, la quatrième rencontre étant prévue mercredi, également dans la Grosse Pomme dont est originaire le président américain. L’équipe new-yorkaise vise son premier titre depuis 1973, année où Donald Trump, alors âgé de 26 ans, venait d’intégrer l’entreprise familiale immobilière qui l’a propulsé vers la richesse et la célébrité.
L’ancien homme d’affaires a assisté à plus d’évènements sportifs majeurs que tous ses prédécesseurs, notamment le Super Bowl et le Daytona 500, la Ryder Cup de golf dans la banlieue de New York, où il a été acclamé, et l’US Open de tennis l’an dernier dans le Queens, où il a été hué et tenu responsable des longues files d’attente aux contrôles de sécurité. Le président a également manifesté son intérêt pour assister à la Coupe du monde de football, qui débute cette semaine aux États-Unis, au Mexique et au Canada.
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Fan des Knicks
Donald Trump est un grand amateur de sport, mais son attachement pour les Knicks – franchise fondée en 1946, l’année de sa naissance – est particulier. Il témoigne de l’identité new-yorkaise du président républicain et renvoie à une époque révolue où une place au premier rang d’un match des Knicks était pour lui et d’autres personnalités l’occasion de se faire remarquer.
Dans une ville où les riches décideurs ont largement boudé la personnalité exubérante et l’image de play-boy de Donald Trump dans les années 1990 et 2000, le « celebrity row » du Madison Square Garden était l’un des rares endroits où il se sentait chez lui. « Je suis fan des Knicks depuis longtemps », a ainsi rappelé Donald Trump aux journalistes dans le Bureau ovale la semaine dernière, au lendemain de la victoire de New York lors du premier match. « J’ai regardé la fin du match et ils ont dominé – c’était vraiment impressionnant. »
Après une nouvelle victoire vendredi à San Antonio, les Knicks sont rentrés chez eux avec une avance de 2-0 dans cette série au meilleur des sept matchs. Ils ont remporté treize matchs de playoffs consécutifs et leur dernière défaite remonte au 23 avril. Ils ont uni la ville comme jamais depuis les deux finales NBA disputées par les Knicks dans les années 1990.
En pleine « Knicksmania », Donald Trump fait son retour en ville non plus comme la curiosité des tabloïds qui avait assisté à un match aux côtés de John F. Kennedy Jr en 1999, mais comme un président impopulaire auprès de la majorité des électeurs démocrates de la ville.
Le président, qui a quitté sa résidence new-yorkaise de toujours pour la Floride en 2019, effectue son premier déplacement à New York depuis son discours aux Nations unies en septembre dernier. En 2024, il avait été jugé dans cette ville et reconnu coupable de 34 chefs d’accusation liés à des paiements secrets effectués en son nom durant sa campagne de 2016.
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« Il faut que ce type s’en mêle »
Les fans des Knicks, cependant, ne semblent pas tant préoccupés par ses opinions politiques que par le fait que sa présence – et le tapage médiatique qui l’accompagne – pourrait perturber l’élan de l’équipe. Les Knicks ont indiqué que les spectateurs souhaitant assister au match devraient arriver au moins deux heures avant le coup d’envoi pour se soumettre à un contrôle de sécurité similaire à celui des aéroports. Le déplacement de Donald Trump a aussi entraîné l’annulation d’un rassemblement pour regarder le match 3 devant le Madison Square Garden.
« Pourquoi Donald Trump doit-il toujours gâcher les bonnes choses ? », a ainsi déclaré à CNN l’élu de l’État de New York Hakeem Jeffries, fervent supporter des Knicks et chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. « Cela fait 27 ans que les Knicks n’ont pas atteint les finales NBA. La ville essaie de célébrer cet évènement. Nous avons adopté cette équipe, et il faut que ce type s’en mêle. »
Le maire, Zohran Mamdani, un démocrate qui a noué des relations cordiales avec Donald Trump après leurs deux rencontres en novembre, s’est en revanche montré plus accueillant. « Nous sommes ravis d’accueillir tous les supporters des Knicks en ce moment », a déclaré l’édile, qui sera également présent au match – mais pas avec le locataire de la Maison Blanche.
La semaine dernière, alors que Donald Trump commençait à évoquer la possibilité d’assister à un match, New York Magazine a publié un article intitulé « Trump est-il vraiment fan des Knicks ? Une enquête ». Le texte, illustré de photos de l’homme d’affaires lors de matchs des Knicks entre 1991 et 2014, le décrit comme « l’exemple type du supporter opportuniste parmi les célébrités ».
Le commissaire de la NBA Adam Silver n’est pas de cet avis. « Avant même de se présenter à une élection, il était un grand fan des Knicks », a-t-il affirmé aux journalistes la semaine dernière. « Je travaille dans la Ligue depuis longtemps. J’ai assisté à de nombreux matchs des Knicks avec lui à l’époque. »
Son lien avec l’équipe – du moins d’après les archives publiques – remonte à 1975, lorsqu’il a conseillé les propriétaires de l’époque des Knicks et du Madison Square Garden en matière immobilière. Ces derniers cherchaient alors à vendre le bâtiment, surnommé, dans un style typiquement trumpien, « l’arène la plus célèbre du monde ».
Le futur chef d’État était relativement inconnu lorsque les Knicks ont remporté leurs deux seuls titres de champion en 1970 et 1973. Lors de leur retour en force dans les années 1990, Donald Trump était en revanche sur le devant de la scène, emmenant son épouse de l’époque, Marla Maples, au match 3 des finales NBA en 1994, et son épouse actuelle, la première dame Melania Trump, au match 2 des finales de la Conférence Est en 1999.

En 2010, alors que les Knicks peinaient à retrouver la magie des années 1990, Donald Trump avait également enregistré une vidéo pour tenter de convaincre LeBron James de rejoindre l’équipe. « Les vrais champions du monde veulent être ici », avait-il affirmé.
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Boudé par les équipes NBA
Malgré ce lien constant avec la ligue nord-américaine de basket, Donald Trump connaît une relation contrastée avec la NBA, qu’il avait accusée en 2020 d’être devenue une « organisation politique » après le report de plusieurs rencontres en réponse au tir d’un policier sur un jeune Afro-Américain, Jacob Blake.
En 2017 et 2018, lors de son premier mandat, il avait aussi retiré son invitation pour la traditionnelle réception à la Maison Blanche des Golden State Warriors, alors sacrés champions, après que la franchise avait fait part de réserves à son encontre. Les Warriors avaient en revanche bien rendu visite à Joe Biden en 2022 lors de leur dernier titre, tout comme les Boston Celtics en 2024.

Langue source : Anglais
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Le président Joe Biden, au centre, entouré des joueurs des Celtics de Boston, Jayson Tatum (à gauche) et Derrick White (à droite), tient un maillot offert par l’équipe lors d’une cérémonie célébrant leur victoire au championnat de la NBA 2024, sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, le 21 novembre 2024. AP – Ben Curtis
Plus récemment, les joueurs d’Oklahoma, champions en titre la saison dernière, ont choisi de ne pas se rendre à Washington. « Nous avons été en contact avec la Maison Blanche et nous sommes reconnaissants de nos échanges, mais le calendrier ne fonctionnait tout simplement pas », avait expliqué la franchise auprès des médias américains.
Avec AFP, AP et Reuters
Source:
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