Mohammed marche avec plusieurs dizaines d’agriculteurs de Halhul en direction de leurs vignobles. Il est midi et, en ce jour de mi-avril, les vignes attendent toujours d’être taillées par leurs propriétaires. Dans l’espoir de pouvoir accéder à leurs terres, la plupart d’entre eux sont venus avec leurs outils de travail, surtout des sécateurs.
Chaque année, les vignerons commencent la taille de la vigne pendant l’hiver, avant qu’elle ne fleurisse au printemps. Cette pratique vise notamment à optimiser le rendement des cultures. Or, cette année, les habitants de Halhul se sont vu refuser l’accès à leurs vignobles, ce qui leur fait craindre de terribles répercussions économiques.
L’atmosphère est tendue. La situation dégénère rapidement. Les agriculteurs en tête de cortège viennent d’atteindre le sommet de la colline et sont immédiatement aspergés de spray au poivre par les colons. Deux fillettes, âgées de 7 et 9 ans, pleurent les yeux fermés au pied des vignes, tandis que leur père, aveuglé lui aussi par le gaz, essaie de les calmer. Sur les images prises du sommet de la colline, on voit un soldat faire un bandage à un Palestinien, blessé à la tête, et un jeune colon, arme à la main au milieu des assaillants.
En contrebas, d’autres soldats bloquent le reste du cortège, tandis que
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Premier quotidien (1919) publié en hébreu en Palestine sous occupation britannique, “Le Pays” est le journal de référence chez les politiques et les intellectuels israéliens. Il appartient au groupe Schocken, de la dynastie d’éditeurs juifs inaugurée par Salman Schocken en Allemagne et ensuite en Palestine entre les deux guerres mondiales. Son éditeur actuel est Amos Schocken et son rédacteur en chef est Aluf Benn.
Aujourd’hui de gauche libérale, Ha’Aretz a longtemps cultivé une ligne centriste proche des anciens partis juifs libéraux de Palestine et ensuite d’Israël, ligne indépendante d’un mouvement travailliste longtemps omnipotent (et qui disposait de ses propres organes de presse) et davantage encore de la droite nationaliste. La sobriété de sa mise en page sert une politique éditoriale centrée sur l’analyse et le débat. Incontournable, son édition sabbatique est agrémentée de deux suppléments, politique et culturel.
Le site hébréophone propose l’intégralité de l’édition imprimée, augmentée de rubriques propres (blogs, dossiers thématiques, etc.). Moins fourni, le site anglophone reproduit partiellement les contenus de la version originale hébréophone, mais il est augmenté de rubriques propres.
Le tirage papier est de 72 000 exemplaires pour le Ha’Aretz hébréophone (110 000 le week-end) et de 24 000 pour son édition anglophone. En revanche, sur le web, c’est le site anglophone qui tient le haut du pavé grâce à un vaste lectorat étranger non hébréophone : Juifs européens, Juifs nord-américains et observateurs non juifs du conflit israélo-palestinien.
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