C’est un rendez-vous estival très attendu pour la gestion budgétaire du pays. Ce jeudi 25 juin, la Cour des comptes a publié son rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques du pays, un moment crucial à moins d’un an de l’élection présidentielle. Un document de 151 pages où l’institution alerte : «La situation des finances publiques de la France est alarmante.» En préambule, la Cour des comptes donne un bon point à l’exercice 2025 après deux années de «retour en arrière» en 2023 et 2024 où le déficit public s’est creusé et où la dette publique a progressé plus vite que les autres pays de la zone euro.
Toutefois, si la France est sur la «voie du redressement» avec une nette réduction du déficit en 2025, cela reste «insuffisant» pour enrayer la progression de la dette «vers un niveau record», peut-on lire. L’institution rappelle en effet que la réduction du déficit public est «essentiellement imputable à 23 milliards d’euros de hausses d’impôts» et que, dans le même temps, les dépenses ont augmenté à un rythme légèrement supérieur à la croissance économique. En outre, le déficit reste à un «niveau très élevé», tance la Cour des comptes.
La croissance dans le viseur
Pas réellement mieux du côté de la dette publique qui a établi un nouveau record fin 2025, à 3 460,5 milliards d’euros, soit 115,7 points de PIB. L’institution rappelle qu’il aurait fallu une réduction du déficit de 90 milliards d’euros. Si la juridiction financière tape du poing sur la table, c’est que les perspectives macroéconomiques risquent de peser : inflation, guerre au Moyen-Orient, crise énergétique. Pourtant, le gouvernement a maintenu sa perspective de déficit à 5% du PIB. Mais «la maîtrise de la dépense publique primaire» est contrebalancée par de nouvelles hausses d’impôts.
«Pour peu ambitieuse qu’elle soit, la légère diminution du déficit public en 2026 est loin d’être acquise du fait d’une croissance plus faible que prévu et de la hausse des taux d’intérêt», met en garde la Cour des comptes. Surtout, elle pointe du doigt l’absence de trajectoire sur les finances publiques alors que la croissance a été revue à la baisse d’ici 2029. Pourtant, la France doit revenir sous les 3% d’ici trois ans. «Respecter cette échéance impérative suppose une accélération de l’effort budgétaire jusqu’en 2029, qu’aucun plan d’ensemble ni aucune trajectoire solide ne vient encore étayer», alerte-t-elle.
Un risque «d’étouffement» du pays
Pour la Cour des comptes, il y a même «urgence» que le gouvernement s’engage sur cette voie et précise ses objectifs pluriannuels de finances publiques. Pour montrer qu’un redressement est possible, la Cour préconise dans son rapport de s’appuyer sur les exemples de plusieurs pays de la zone euro, comme l’Allemagne, l’Italie ou le Portugal qui sont parvenus à consolider leurs budgets. Cela passe par une consolidation «choisie» et non «subie», par une minimisation des coûts macroéconomiques et sociaux et enfin la qualité du cadre institutionnel. Autant d’éléments qui permettraient d’éviter «le risque d’étouffement par la dette qui menace notre pays».
Source:
www.capital.fr






