La SNCF a annoncé, mardi 23 juin, que tous les cheminots de l’entreprise ferroviaire percevront une prime de 100 euros brut sur leur fiche de paie du mois de juillet, d’après les informations relayées par franceinfo. «Et nous serons attentifs à l’évolution de l’inflation», a précisé la direction. Cette décision est une réponse à la grève massive du 10 juin qui a vu près de la moitié des cheminots participer au mouvement de 24 heures. Pour rappel, les quatre principaux syndicats de cheminots — Sud Rail, Unsa, CGT et CFDT — avaient lancé un appel à la grève nationale pour le 10 juin.
Dans un communiqué, les organisations syndicales dénonçaient un «état d’urgence face à la multiplication des drames (accidents de travail, arrêts maladie, suicides) engendrés par les restructurations compulsives et le processus de filialisation». Au-delà des conditions de travail, l’intersyndicale demandait aussi une hausse des rémunérations et l’ouverture de «véritables négociations» sur les salaires. «La direction ne peut plus continuer à jouer la montre concernant le pouvoir d’achat (…) tout en accentuant la productivité», écrivait-elle, estimant que l’entreprise traverse «un moment de bascule».
Des centaines de recrutements prévus en 2026
En ce sens, la direction de la SNCF a aussi promis le recrutement de 350 personnes supplémentaires cette année, auxquelles s’ajoutent les 6 000 déjà actées. Les postes concernés sont des «métiers de production» (conducteurs, techniciens de maintenance, agents de bord, sécurité) afin de soulager les effectifs en place. Par ailleurs, une centaine de personnes seront engagées dans la fonction RH afin d’amplifier «le dialogue social de proximité». Selon la direction, ces mesures marquent «un virage d’ampleur».
Enfin, «des mesures pour les conditions de travail et la prévention des risques psycho-sociaux, avec un budget complémentaire de 10 millions d’euros» ont été annoncées. L’objectif : prévenir les accidents du travail en forte hausse. Les cheminots voient également leur période de droits acquis passer de 15 à 24 mois.
Le syndicat Sud-Rail insatisfait des mesures annoncées
Malgré toutes ces annonces, Sud-Rail a affirmé qu’elles ne sont «pas à la hauteur». «La canicule montre à tout le monde à quel point nos infrastructures et le matériel sont fragilisés. Il faudrait bien plus que 450 embauches pour y faire face. Plus 100 euros alors que la SNCF s’apprête à annoncer des profits records au premier semestre 2026, ce n’est pas à la hauteur», a dénoncé le syndicat, selon BFMTV.
De son côté, la SNCF estime avoir déjà fait beaucoup pour préserver le pouvoir d’achat des cheminots. «Il faut remettre les choses en perspective: il y a eu un accord en janvier pour des augmentations générales de 0,5% (versées en deux fois, NDLR), une garantie d’évolution de +0,6% et deux primes d’un montant total de 1.600 euros» dont 900 euros d’intéressement. Mais Sud-Rail l’assure : ce montant comprend en réalité 400 euros de prime de partage de la valeur versée en décembre 2025, auxquels s’ajoutent 250 euros supplémentaires versés cette année.
Source:
www.capital.fr






