Au Champ-de-Mars (VIIe arrondissement de Paris), ils sont des habitués : Jean-Pierre, la soixantaine et habitant du secteur depuis 40 ans ainsi que ses deux chiens. Bobby, un épagneul, et Maggy, un chihuahua « d’à peine cinq kilos tout mouillés ». Le premier, le Parisien le tient en laisse. La seconde, non. Là est tout le problème.
« Elle est tout le temps dans mes basques. Si elle est tenue en laisse, elle prend peur et fait un blocage donc elle reste vers moi », explique Jean-Pierre pour qui « avec la police municipale, ça se passe bien le reste du temps », malgré l’obligation de tenir son chien en laisse en vigueur dans les espaces verts et parcs de la capitale.
Maggy sans laisse pour son bien-être
Ce mardi matin, c’est sous un ciel gris que cet ancien notaire marche dans le parc, au pied de la tour Eiffel. À ses côtés, les deux animaux qu’il a adoptés. Sauf que la police municipale voit bien que Maggy n’a pas de laisse autour du cou. « Cinq policiers m’ont demandé de l’attacher et je leur ai expliqué que je ne pouvais pas en raison de son bien-être », relate son maître au Parisien.
Pas de quoi convaincre les fonctionnaires, qui insistent : le chihuahua doit avoir une laisse, point. Mais Jean-Pierre n’en démord pas, ajoutant notamment qu’il n’a qu’une laisse sur lui et qu’elle sert déjà à son autre chien. Le dialogue de sourd s’installe et on demande au Parisien une pièce d’identité, ce qu’il refuse.
Débarquent alors une voiture et deux motos de la police nationale, appelées par la « PM ». « Eux, je les ai trouvés vraiment agressifs. J’ai eu droit à une fouille plus plus, au cas où j’avais de la drogue dans mes chaussettes », nous raconte Jean-Pierre. « Quand je vois le comportement de certains policiers, je peux comprendre que parfois ça peut dégénérer », poursuit-il, se disant « bien conscient d’être privilégié » par sa situation.
À la suite de cet échange, Jean-Pierre monte dans une voiture. Direction le commissariat du VIIe. « Ils ont pris mes chiens pour les mettre dans le coffre sauf que la petite sautait de panique. Alors j’ai pu la prendre sur mes jambes », nous explique-t-il.
À toute vitesse dans les rues du VIIe
De sa route jusqu’au commissariat, Jean-Pierre retient « les feux grillés, le pin-pon et la vitesse beaucoup trop haute par rapport aux faits » et raconte avoir demandé qu’on enlève la sirène pour ne pas effrayer les chiens. « Ils ont refusé. Et une fois au poste, mon gros chien a été mis dans une cage », dénonce-t-il, ajoutant avoir refusé de signer son procès-verbal.
Après cette interpellation musclée, Jean-Pierre a décidé de porter plainte contre les policiers pour « arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire », et « mise en danger d’autrui ». « Tout ce que je demande, c’est de mettre un peu d’huile dans les rouages », estime-t-il, encore choqué par ce qu’il lui est arrivé.
« Du zèle » de la police municipale ?
« Dans ce genre de situation, dans 99 % des cas, le propriétaire du chien donne son identité. Mais s’il refuse, la police municipale peut nous appeler et nous devons intervenir pour une vérification d’identité », soupire un policier du commissariat du VIIe contacté par Le Parisien.
« C’est ce qu’il s’est passé. Nous en sommes évidemment restés là à notre niveau. Y a-t-il eu du zèle de la part de la municipale ? Sans doute un peu. Peut-être aussi que le propriétaire du chien n’était pas très conciliant non plus. Il a très probablement écopé d’une petite amende », ce dont ne doute pas Jean-Pierre.
Source:
www.leparisien.fr




