Le film culte “Il faut sauver le soldat Ryan” aurait pu être totalement différent…
L’histoire ne tient parfois qu’à un fil. Sorti en 1998, Il faut sauver le soldat Ryan est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands films de guerre de tous les temps. En décrochant pas moins de 5 Oscars, le long-métrage a permis à Steven Spielberg de confirmer son statut d’artiste incontournable à Hollywood en lui offrant sa deuxième statuette du meilleur réalisateur, 4 ans après La Liste de Schindler.
Plébiscité par les utilisateurs d’AlloCiné, Il faut sauver le soldat Ryan a pourtant failli connaître un destin bien différent. À l’occasion de son départ de Netflix le 12 mai prochain, retour sur le profil (très) étonnant du réalisateur qui avait été choisi par les studios avant Steven Spielberg. Un indice : vous le connaissez !
Il a failli réaliser Le Soldat Ryan
Il faut sauver le soldat Ryan n’est pas un film intime et personnel pour Steven Spielberg : il s’agit d’une commande des studios Paramount, qui avaient acquis les droits d’un scénario écrit par Robert Rodat (The Patriot, Kursk). Le nom du réalisateur de Jurassic Park n’étant pas venu spontanément à l’esprit des producteurs, ils ont d’abord décidé de travailler avec un jeune réalisateur dont vous connaissez le nom : Michael Bay !
Paramount
Aujourd’hui reconnu pour son art (subtil) de filmer les explosions, le cinéaste n’avait à l’époque que le premier film Bad Boys à son actif. Un choix étrange rétrospectivement, qui laisse à penser que Paramount avait une vision bien particulière du projet Ryan, assez éloignée de celle que réalisera finalement Steven Spielberg.
Après avoir travaillé quelque temps sur le film, Michael Bay quitte finalement le projet de son propre chef, se considérant incapable de trouver la bonne manière de traiter un sujet pareil. Le doute sera cela dit de courte durée, puisque 3 ans après la sortie de Il faut sauver le soldat Ryan, Michael Bay dévoilera au public son propre film de guerre épique et émouvant : Pearl Harbor.
Le Soldat Ryan vs Pearl Harbor
Comparer Pearl Harbor et Il faut sauver le soldat Ryan a ceci d’intéressant qu’ils sont tous les deux très représentatifs de la démarche de leur cinéaste. Dans un cas, le sujet du film est un événement spectaculaire qui a meurtri toute une nation (macro-échelle), tandis que dans l’autre, l’Histoire n’est qu’un contexte pour une intrigue centrée d’abord sur l’individu (micro-échelle). Pour résumer : Michael Bay filme la Guerre (avec une majuscule), tandis que Steven Spielberg filme un homme (avec une minuscule) perdu au milieu des combats.
Touchstone Pictures
Cet écart de point de vue implique des choix de mise en scène très différents. Dans l’attaque de Pearl Harbor, Michael Bay utilise à plusieurs reprises le montage à répétition : une même explosion est montrée sous plusieurs angles à la suite, pour en augmenter l’impact. Le sujet du plan est donc l’explosion elle-même, qu’il faut absolument rendre lisible pour le spectateur.
Dans Il faut sauver le soldat Ryan, Spielberg utilise au contraire un montage volontairement chaotique, où le personnage est perdu au milieu d’un déluge de feu souvent flou. L’idée est de transmettre au spectateur la peur viscérale du soldat au moment du débarquement, ce qui implique que l’homme est cette fois au centre du plan.
Paramount
Deux films très différents donc qui nous permettent chacun à leur manière de revivre un moment majeur de l’histoire des États-Unis Finalement, il faudrait remercier Michael Bay d’avoir quitté le projet Ryan pour se tourner vers Pearl Harbor, permettant ainsi aux spectateurs de profiter de deux films aux styles opposés et donc complémentaires.
Il faut sauver le soldat Ryan est disponible sur Netflix jusqu’au 12 mai.
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Source:
www.allocine.fr




