L’Académie des arts et sciences du cinéma (AMPAS) “est entrée de manière officielle dans le débat sur l’IA”, constate Deadline. Dans la mise à jour de ses règles d’éligibilité, publiée vendredi, l’institution américaine chargée de remettre les Oscars stipule désormais clairement que l’IA n’a rien à faire dans la compétition.
“Dans les catégories réservées aux acteurs, seuls les rôles crédités au générique officiel du film et dont il peut être démontré qu’ils ont été joués par des êtres humains avec leur consentement seront considérés comme éligibles”, écrit l’Académie.
“Il en va de même pour les catégories de scénarios, dont les règles ont été codifiées pour stipuler que seuls les scénarios rédigés par des humains soient éligibles”, précise Deadline.
Nominations multiples dans la même catégorie
La mise au point intervient alors que les syndicats hollywoodiens tentent de protéger leurs membres de l’irruption de l’IA dans la fabrication des films et séries télévisées, de l’écriture des scénarios à la composition de la musique.
Même les acteurs sont concernés : en avril, à la convention annuelle des exploitants de salles de cinéma à Las Vegas, une société de production a dévoilé les premières images d’un film d’action figurant une version générée par IA de Val Kilmer, l’acteur américain décédé en 2025.
Dans les catégories d’interprétation, l’Académie instaure un autre changement de taille : acteurs et actrices pourront désormais être nommés plusieurs fois dans la même catégorie la même année. Jusqu’ici, si Leonardo DiCaprio ou Jessica Chastain livraient des interprétations formidables dans plusieurs films la même année, une seule pouvait être retenue dans les nominations finales. Ce ne sera plus le cas.
Enfin, l’Académie met en place pour les prochains un Oscars un changement “historique et attendu de longue date” dans la catégorie du meilleur film international, observe Deadline : il existera désormais “deux voies pour soumettre un film à la sélection”.
Les festivals, nouvelle porte d’entrée aux Oscars
Chaque pays pourra continuer à désigner son “champion” national via son comité de sélection local, comme c’était le cas jusqu’à présent, mais un film international pourra aussi “être soumis simplement en remportant un prix qualificatif lors d’un festival international de cinéma”, précise le site hollywoodien.
Pas n’importe quel prix et pas n’importe quel festival, cependant : pour pouvoir prétendre à l’Oscar, il faudra avoir gagné le trophée le plus prestigieux à Berlin (Ours d’or), Busan (Prix du meilleur film), Cannes (Palme d’or), Sundance (Grand prix du jury – Cinéma du monde), Toronto (Prix Platform) ou Venise (Lion d’or).
La conséquence directe de cette mesure est la présence possible de plusieurs films d’un même pays dans les films nommés, et la possibilité donnée à des films prestigieux qui n’auraient jamais été sélectionnés par leur pays d’origine – notamment dans les États autoritaires – d’avoir accès à la compétition.
L’an dernier, par exemple, Un simple accident du dissident iranien Jafar Panahi, lauréat de la Palme d’or à Cannes mais qui n’avait aucune chance d’être sélectionné par Téhéran pour les Oscars, avait finalement représenté la France, coproductrice du film. En vertu des nouvelles règles, sa Palme lui aurait suffi pour être soumis à l’Académie.
Source:
www.courrierinternational.com




