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Qu’est-ce que la « journée sans connexion », défendue par Emmanuel Macron ?

« Le lieu n’a pas été choisi par hasard. Emmanuel Macron s’est rendu ce jeudi à Villers-Cotterêts, dans l’Aisne. C’est ici, en 1539, que François Ier a signé la célèbre ordonnance par laquelle le français est devenu la langue officielle du droit et de l’administration.

Face à plusieurs centaines de collégiens et lycéens réunis dans le château de la ville, le président de la République a défendu sa volonté d’instaurer une « journée sans connexion ».

Qu’est-ce que la « journée sans connexion » ?

Le chef de l’État souhaite proposer une journée sans écran chaque mois dans les établissements scolaires. Une « journée durant laquelle, justement, on va lire, échanger, écrire, faire de la bande dessinée, faire du théâtre, passer du temps avec les autres », explique Emmanuel Macron.

Sollicité par l’Agence France-Presse (AFP), l’entourage du président de la République assure que l’idée est de porter un « agenda positif » en parallèle de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, pour laquelle il milite à l’échelle européenne.

Les écrans et les réseaux sociaux, « c’est du temps volé au développement personnel, du temps où ne fait pas de sport et où on ne lit pas », a-t-il souligné devant les adolescents.

Présent à son côté, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray a expliqué à des journalistes vouloir mener une « concertation » en vue de lancer cette initiative à la rentrée de septembre dans les établissements.

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Pourquoi une « journée sans connexion » ?

Emmanuel Macron a défendu le bien-fondé de cette journée sans connexion devant les élèves, estimant qu’il était nécessaire de « se réhabituer à vivre sans » car la surconsommation d’écrans créé de la « solitude » et de « l’inattention ».

« C’est très important, parce que c’est justement ça qui permet de refixer son attention et de reconstruire des choses ensemble, comme ce que vous faites là, être ensemble, écouter un discours, être ensemble vous-mêmes, dire un texte, comme vous l’avez fait tout à l’heure », a-t-il déclaré.

Interrogé par des journalistes en herbe pour une émission de « Radio Château », Emmanuel Macron a invoqué le mot grec « pharmakon » pour décrire les écrans : « C’est le médicament », car ils peuvent servir d’outil pédagogique, mais « si on n’y prend pas garde, c’est aussi un poison », car ils provoquent une « addiction », a estimé le président, en mettant en garde contre une génération de personnes « voûtées », « avec leurs gros pouces » tapant sur leur portable.

Concrètement, cette « journée sans connexion » ne devrait pas changer grand-chose à l’école, puisque le téléphone portable est interdit au collège et pourrait bientôt l’être aussi au lycée. Mais l’exécutif souhaite « promouvoir des rendez-vous communs », « qui puissent avoir des répercussions dans la vie familiale » et « essaimer », a expliqué Édouard Geffray.

En parallèle, le président de la République souhaite que les enseignants puissent mettre l’accent en classe sur la lecture à voix haute. « Quand on lit un texte pour soi-même, parfois on passe, on oublie, on est fatigué. Dès qu’on lit à voix haute un texte, on comprend très vite si on comprend les mots ou pas. Ça s’entend au ton. Lire à voix haute, c’est super », assure-t-il.

Un tel dispositif existe-t-il ailleurs ?

Un tel dispositif ne semble pas exister à l’étranger. Pour autant, comme la France, de nombreux pays ont récemment mis en œuvre des interdictions d’accès aux smartphones dans l’enceinte des établissements scolaires.

« 114 systèmes éducatifs disposent désormais d’une interdiction nationale des téléphones portables à l’école, soit 58 % des pays dans le monde », écrit l’Unesco dans un communiqué publié le 19 mars.

« En trois ans, la part de pays interdisant les smartphones à l’école a plus que doublé. Moins d’un pays sur quatre (24 %) appliquait de telles interdictions en juin 2023 », poursuit l’organisation.

L’Unesco considère cependant que « la diversité des approches – interdictions nationales, cadres réglementaires et initiatives infranationales – montre que les pays sont encore à la recherche du juste équilibre entre la réduction des distractions et l’enseignement d’un usage responsable des technologies ».


Source:

www.leparisien.fr

La Rédaction
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