Des hommes armés ont tué au moins 29 personnes dans l’État d’Adamawa, dans le nord-est du Nigeria, a annoncé le gouverneur de l’État lundi 27 avril, des habitants affirmant que les assaillants ont visé des jeunes rassemblés sur un terrain de football.
L’État d’Adamawa est devenu un foyer de violences, alimentées à la fois par des groupes jihadistes et des gangs criminels locaux communément appelés « bandits ». Des affrontements communautaires liés aux conflits fonciers y sont également très répandus.
Cette dernière attaque, qui a eu lieu dimanche après-midi, intervient alors que la crise sécuritaire au Nigeria fait l’objet d’une attention croissante, à la fois à l’étranger – notamment aux États-Unis – et dans le pays, à moins d’un an d’élections générales.
« Le gouverneur Ahmadu Umaru Fintiri a confirmé qu’au moins 29 personnes ont été tuées lors d’une attaque meurtrière contre la communauté de Guyaku, dans la zone de gouvernement local de Gombi », a indiqué son assistant dans une publication sur les réseaux sociaux.
Selon des habitants interrogés par l’AFP, dont Philip Agabus, les hommes armés ont « tiré au hasard ». « Après le départ des assaillants, nous nous sommes précipités sur le lieu et avons découvert que de nombreuses personnes ont été blessées par balle et que d’autres étaient mortes. Au total, 29 personnes ont été tuées », a-t-il ajouté.
Les hommes armés ont tué « des jeunes, y compris des jeunes femmes qui regardaient le football », selon un autre habitant, Joshua Usman. « Ils ont également incendié des lieux de culte, des maisons et des motos », a-t-il ajouté.
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Des chaînes de télévision locales ont diffusé des images d’une église brûlée et de plusieurs motos calcinées.
Le gouverneur a accusé les membres du groupe jihadiste Boko Haram, actifs dans le nord-est du Nigeria.
Mais un groupe rival, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), a revendiqué l’attaque, affirmant avoir « tué au moins 25 » chrétiens et incendié une église ainsi que près de 100 motos.
ISWAP et Boko Haram
Une autre attaque s’est produite dimanche dans une autre zone administrative située à plus de 100 kilomètres au sud-ouest de là, que la communauté locale a attribuée à des affrontements intercommunautaires liés à des conflits fonciers dans plusieurs villages de la région de Lamurde.
« Des vies ont été perdues, des biens ont également été détruits », a déclaré à l’AFP Bulus Daniel, président du conseil local de la région de Lamurde.
Boko Haram et l’Iswap ont intensifié ces derniers temps leurs attaques contre des communautés et des bases militaires du nord-est du Nigeria, causant la mort de plusieurs civils et militaires, y compris parmi les hauts gradés de l’armée.
Les jihadistes mènent depuis 17 ans une insurrection armée dans cette région.
Le Nigeria est confronté à de multiples conflits, qui, outre les insurrections jihadistes, impliquent des bandes criminelles, des violences entre agriculteurs et éleveurs, ou encore des mouvements séparatistes.
Les forces de l’ordre dénoncent une fatigue croissante ainsi qu’un manque d’équipements adaptés.
L’insécurité dans le pays le plus peuplé d’Afrique est devenue un sujet d’intérêt pour les États-Unis, dont le président Donald Trump affirme que les chrétiens du Nigeria sont victimes d’un « génocide ».
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Abuja et la majorité des experts nient fermement que les chrétiens soient spécifiquement visés, les violences touchant en général indifféremment chrétiens et musulmans.
À Noël, l’armée américaine, en coordination avec les autorités nigérianes, avait mené des frappes dans l’État de Sokoto, visant, selon elle, des jihadistes de l’Iswap.
Depuis, la coopération militaire entre les deux pays s’est renforcée.
Avec AFP
Source:
www.france24.com




