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Macron en visite en Andorre : pourquoi le président français est-il le co-prince du micro-État ?

Emmanuel Macron revêt ce lundi ses habits de coprince d’Andorre pour une visite de deux jours dans le micro-État. Il doit y rester jusqu’à mardi, notamment pour aborder le sujet délicat de l’avortement ou encore celui de l’accord d’association avec l’Union européenne. Le président se verra également décerner la Croix des Sept Bras, plus haute décoration de la principauté.

Pourquoi le chef de l’État français est-il le coprince d’Andorre, une fonction qu’il partage avec l’évêque catholique de la ville frontalière espagnole d’Urgell, actuellement Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat ? La principauté nichée dans les Pyrénées, entre la France et l’Espagne, possède pourtant sa propre constitution, ses lois et son gouvernement.

Double suzeraineté

L’origine de cette singularité remonte au XIIIe siècle. En 1278, un accord féodal appelé « paréage » est signé entre le comte de Foix, côté français, et l’évêque d’Urgell, en Catalogne. Ce traité établit une souveraineté partagée sur Andorre afin de mettre fin à des rivalités territoriales. Ainsi naît le principe de double suzeraineté, ancêtre du système actuel.

Au fil des siècles, les droits du comte de Foix sont transmis à la Couronne de France. Puis, après la Révolution française et les transformations institutionnelles du pays, c’est finalement le chef de l’État français qui hérite de ce rôle. Autrement dit, chaque président français devient automatiquement co-prince d’Andorre.

Et la tradition, établie par Charles de Gaulle, veut que chaque président s’y rende durant son mandat. Emmanuel Macron l’avait fait en 2019, lors de son premier quinquennat. Le second co-prince est toujours l’évêque d’Urgell, une figure religieuse espagnole, ce qui renforce le caractère atypique de la principauté.

Fonction symbolique

Cependant, s’ils sont co-princes, Macron et l’évêque d’Urgell ont surtout une fonction honorifique, ne gérant pas le pays dans son fonctionnement au quotidien.

« Les co-princes sont le symbole et les garants de la permanence et de la continuité de l’Andorre ainsi que de son indépendance et du maintien de l’esprit d’égalité dans les traditionnelles relations d’équilibre avec les États voisins. Ils manifestent l’adhésion de l’État andorran dans ses engagements internationaux, conformément à la Constitution », est-il précisé dans la Constitution du micro-État.

Depuis l’adoption de la Constitution andorrane en 1993, la principauté est une démocratie parlementaire. Le pouvoir exécutif est exercé par un chef de gouvernement élu, tandis que les co-princes conservent des fonctions institutionnelles limitées, comme la sanction des lois ou la représentation internationale.

La principauté, dont la surface équivaut à moins de deux fois celle de Marseille, est connue pour ses pistes de ski et sa fiscalité avantageuse. Mais elle a quitté la liste des paradis fiscaux de l’OCDE en 2010 et mis en place depuis des taxations modérées, quoique bien inférieures à celles de la moyenne dans l’UE.


Source:

www.leparisien.fr

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