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Lawrence Vale, urbaniste : « Aux Etats-Unis, beaucoup voient le remodelage de Washington par Trump comme une métaphore de sa politique »

Lawrence Vale est professeur d’urbanisme et de conception urbaine à la School of Architecture and Planning du Massachusetts Institute of Technology, à Cambridge, aux Etats-Unis. Il a ouvert le symposium « Architecture et identité nationale », organisé par la Société des historiens de l’architecture, les 21 et 22 mars, à Washington.

Jardin des héros, arc de triomphe monumental, immense salle de bal à la Maison Blanche, bannières géantes à son effigie sur des bâtiments publics… Donald Trump veut marquer Washington, la capitale fédérale américaine, de son empreinte. Y a-t-il d’autres exemples de ce type dans l’histoire américaine ?

Ce que Donald Trump cherche à faire est sans précédent, non par l’ampleur de la refonte de Washington, mais par la variété des lieux sur lesquels il intervient. On a beaucoup parlé des dorures des bureaux de la Maison Blanche, de la destruction spectaculaire de l’aile est et de la transformation de la roseraie en terrasse. Mais, à l’extérieur, Lafayette Square est aujourd’hui entouré de barrières de chantier, alors qu’il s’agit d’un lieu traditionnel de protestation et de rassemblements. Depuis l’installation de barrages de sécurité, en 2025, il est presque impossible de s’approcher de la Maison Blanche. La « maison du peuple » [People’s House] s’est isolée du peuple.

Jamais un président n’avait apposé son nom ou son image sur des bâtiments fédéraux alors qu’il était encore en fonctions. C’est pourtant le cas aujourd’hui, notamment aux ministères du travail et de la justice, où d’immenses bannières à l’effigie de Trump ont été déployées. Ajouter son nom à un bâtiment fédéral, comme il l’a fait avec le Kennedy Center [principal centre culturel de Washington], relève typiquement des prérogatives du Congrès, qui avait voulu bâtir un mémorial à John F. Kennedy. Ce serait comme si Georges Pompidou avait lui-même décidé de rebaptiser Beaubourg « centre Pompidou » de son vivant, ou si le président actuel venait à le renommer « centre Macron-Pompidou ». Au lieu des checks and balances, ce système de contre-pouvoirs prévu par la Constitution, nous avons désormais des conseils ad hoc composés de personnes loyales au président, qui valident ses décisions.

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Source:

www.lemonde.fr

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