L’avocat d’une des victimes l’a qualifié de « Pelicot flamand ». Jan M., un Belge de 61 ans, a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle avec mandat de dépôt par un tribunal d’Anvers (Belgique), pour avoir drogué et violé trois de ses ex-compagnes pendant plusieurs années, rapporte le quotidien flamand Het Laatste Nieuws ce vendredi 17 avril. À l’aide d’une caméra espion, l’homme a été également reconnu coupable d’avoir filmé les faits.
Originaire de Brasschaat, ville dans la banlieue d’Anvers, le sexagénaire est un ancien cadre dans une entreprise japonaise, qui menait une vie en apparence normale jusqu’en mars 2025. Jusqu’au jour où sa belle-fille, âgée de 17 ans, découvre une caméra cachée dans un placard de la salle de bains, puis une autre dans un placard du salon. Elle parvient alors à filmer son beau-père en train d’allumer les caméras avant qu’elle-même n’aille prendre sa douche.
100 000 photos retrouvées sur son ordinateur
L’adolescente informe alors sa mère, qui est en couple avec l’homme depuis une dizaine d’années. Confronté aux faits, l’homme supplie sa conjointe de ne pas le dénoncer à la police, sans succès. Deux semaines plus tard, une perquisition est menée au domicile, suivie d’un interrogatoire. Il reconnaît rapidement les faits, en se justifiant : « C’était uniquement parce que je soupçonnais ma compagne de me tromper. Je voulais enregistrer ses conversations téléphoniques de cette manière », dit-il aux enquêteurs. Il affirme avoir « supprimé immédiatement » les clichés liés à sa belle-fille.
Mais les policiers ont ouvert une véritable boîte de Pandore en saisissant l’ordinateur et le téléphone portable du Flamand : à l’intérieur, près de 100 000 photos de nus de ses ex-partenaires, de sa belle-fille et d’une amie de cette dernière, prises à leur insu sur les 25 dernières années. En plus des clichés, des vidéos de rapports sexuels avec ses compagnes sont retrouvées. L’homme évoque en interrogatoire des pratiques privées « au lit ».
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Sauf que les images trahissent une vérité bien plus criminelle, en le montrant en train d’avoir des rapports sexuels avec ses compagnes contre leur gré, alors qu’elles refusent et disent explicitement « non ». Interrogées lors de l’enquête, elles ont déclaré qu’il voulait avoir des rapports deux à trois fois par jour, même lorsqu’elles ne le souhaitaient pas. Sur les vidéos, leur réaction est parfois minime.
Des recherches sur les « médicaments ayant un effet sédatif »
Une léthargie qui pousse les investigations à envisager la piste de relations sexuelles imposées après qu’elles ont été droguées. « L’historique des sites web qu’il a consultés en dit long. Il en ressort que l’accusé s’intéresse aux relations sexuelles incestueuses, forcées et violentes, pour lesquelles il recherchait des médicaments ayant un effet sédatif », détaille le jugement rendu.
Walter Damen, avocat de l’une des victimes et ex-compagnes de Jan M. a rapidement comparé l’accusé à Dominique Pelicot, condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir drogué et livré à plusieurs hommes son épouse Gisèle pour la violer. « Il faut savoir que ma cliente s’était déjà rendue à la police après leur rupture en 2012 pour porter plainte contre lui, a-t-il expliqué. On l’avait alors presque renvoyée sans rien faire et l’affaire n’avait jamais abouti. Aujourd’hui, il existe des images et cela ne peut plus être nié. »
Dix ans de prison et des milliers d’euros de dommages et intérêts
Malgré l’existence de dizaines de milliers de clichés, Jan M. plaidait largement l’acquittement à son procès, en affirmant que les images avaient été tournées et prises « à des fins personnelles ». Il niait également toute administration de substance envers ses partenaires.
Poursuivi pour possession d’images pédopornographiques au vu des clichés de sa belle-fille nue retrouvés (les premiers datent de ses 10 ans), il a affirmé ne pas être « attiré par les mineurs ». Le parquet avait requis une peine de huit ans d’emprisonnement, mais les juges ont été plus sévères en portant la peine à dix ans, suivie de cinq ans « à la disposition de la justice ».
Jan M. a enfin été condamné à verser à toutes les victimes des dommages et intérêts s’élevant à plusieurs milliers d’euros. Celui qui comparaissait libre est ressorti du tribunal menotté, avec un aller simple pour la détention. Selon Het Laatste Nieuws, il devrait faire appel de la décision.
Source:
www.leparisien.fr




