De très nombreuses fleurs font tout pour séduire les abeilles et leurs copains, en jouant des couleurs, des senteurs et des saveurs. C’est le moment de semer les annuelles et de planter les vivaces et, ainsi, d’inciter cette petite faune à venir batifoler, se nourrir, et même s’installer définitivement.
Des fleurs sauvages et des fleurs simples
Les butineurs aiment la diversité. C’est en plantant un grand nombre d’espèces, en privilégiant les fleurs sauvages et les fleurs simples, beaucoup plus riches en pollen que les fleurs doubles, en échelonnant les floraisons, de février à novembre, que nous les satisfaisons. S’il est impératif qu’abeilles, guêpes, frelons, mouches (syrphes et éristales), et papillons fréquentent le verger au moment des floraisons des arbres fruitiers, il est important qu’ils prennent l’habitude d’y vivre en permanence.
Ces plantes, ils les trouvent aussi bien dans les plates-bandes d’ornement, dans les potées, sur la pelouse, dans les haies vives, sur les murs que dans les espaces laissés naturels où s’invitent des sauvageonnes. Oubliez les fleurs trop sophistiquées : pour accentuer la résistance aux maladies et obtenir des fleurs aux formes et coloris éblouissants, les hybrideurs s’en donnent à cœur joie pour plaire aux jardiniers. Mais, au fil de ces transformations, les plantes perdent parfois du nectar et du pollen. Osez un jardin multicolore : nos butineurs adorent le jaune, le violet, le mauve et le bleu. Évitez les jardins monochromes, même si c’est très élégant. Chaque insecte a son coloris préféré, ou bien son parfum favori… parfois pas très agréable !
Les abeilles… et nous !
Si le choix est vaste, pourquoi ne pas opter pour des fleurs et des feuillages comestibles qui peuvent aussi agrémenter nos plats avec poésie ? Sans oublier celles avec lesquelles on peut concocter d’excellentes tisanes. Cette liste est loin d’être exhaustive.
• Les aromatiques en priorité. Agastache, fenouil, menthe, mélisse, sarriette, thym, romarin, sauge, pimprenelle, calament, lavande…
• Parmi les annuelles, à semer maintenant, nous aimons particulièrement les capucines, la bourrache, les soucis, les bleuets, les coquelicots.
• Quelques vivaces qui peuvent terminer dans nos assiettes ? Les achillées millefeuille, les marguerites, les hémérocalles, les monardes, les phlox…
• Des sauvageonnes à chouchouter : consoude, pissenlit, mauve, œnothère, orties, …
• Sans oublier les bulbeuses, comme le tulbaghia, les dahlias, l’ail d’ornement
Un parfait exemple au château de La Roche-Guyon
Quelques fruitiers sont autofertiles, d’autres ont besoin d’un compagnon pour bien fructifier, mais même un arbre autofertile a un rendement plus important s’il a des voisins du même genre. C’est bien ce qui est mis en œuvre au Potager du Château de La Roche-Guyon. Plus grand potager d’Île-de-France après celui du roi à Versailles, le potager-fruitier du château vient de se doter de nombreux arbres fruitiers, sept variétés de pommiers et cinq de poiriers, sans oublier, pour les accompagner, une myriade de vivaces et de dahlias. Et des annuelles, pour « assaisonner » ces plantations pérennes. C’est une renaissance pour cet endroit magique accompagnant un très beau programme, concocté par Emmanuel Morin, nouveau directeur du château. Se met en place un dialogue entre patrimoine, architecture, histoire, création contemporaine, littérature et monde végétal.
Eden, la fête des plantes pour s’inspirer
Pour découvrir les richesses de ce lieu sis dans le Val d’Oise, les amateurs de plantes ne vont pas manquer la rencontre avec de nombreux exposants-producteurs, artistes et artisans les 2 et 3 mai. Existant depuis 1994, cet événement se réinvente sous le nom d’Eden. À cette occasion, le samedi et le dimanche matin, il y aura une visite-découverte du potager, et le samedi après-midi, une présentation de plantes qui se mangent : « Croquer la nature à pleines dents. » Dimanche après-midi, Patrick Blanc, le célèbre botaniste aux cheveux verts, l’inventeur du Mur Végétal, infatigable voyageur, nous parlera des « Trop belles pour disparaître »
Eden les 2 et 3 mai 2026 Château de La Roche-Guyon 1 rue de l’Audience 95 780 La Roche-Guyon www.chateaudelarocheguyon.fr
Source:
www.la-croix.com




