Willy Fautré, directeur de Human Rights Without Frontiers
Le 23 février, une cour d’appel égyptienne a confirmé la condamnation à 5 ans d’emprisonnement du Dr Augustinos Samaan (37 ans) pour “outrage à l’Islam.” Il avait été arrêté par des agents des forces spéciales masqués le 1er octobre 2025. Samaan est titulaire d’un doctorat en religion comparée et se consacre à l’apologétique chrétienne.
À travers ses travaux universitaires et ses enseignements en ligne, Samaan discutait pacifiquement de questions religieuses et répondait aux sentiments anti-chrétiens.
À la suite d’enquêtes de sécurité nationale, il a d’abord été accusé d’infractions liées au terrorisme. Les procureurs ont finalement modifié l’accusation en « outrage à la religion » en vertu de l’article 98(f) du Code pénal, introduit en 1982 et régulièrement critiqué par les défenseurs des droits humains pour ses termes vagues qui limitent la liberté d’expression et de croyance.
Le 3 janvier, Samaan a été condamné à cinq ans d’emprisonnement avec travaux forcés.
La sentence a été prononcée lors d’un procès pénal secret, sans notification à son avocat ou à sa famille, sans audience publique et sans que la défense ait accès au dossier ou ait la possibilité de le représenter de manière significative.
L’organisation Coptic Solidarity (CS) mène une campagne pour la libération du Dr Samaan.
Pendant sa détention, les agents ont confisqué son ordinateur portable, son téléphone, ses livres et ses documents personnels.
Le Dr Samaan a été présenté à deux reprises devant le tribunal à l’insu de ses avocats et de sa famille, ce qui a abouti à une condamnation secrète.
Marco Girgis, un copte orthodoxe emprisonné pour blasphème depuis 2021
Le 14 juin 2021, les autorités ont arrêté Marco Girgis pour avoir eu sur son téléphone des photos jugées offensantes pour l’islam. Les procureurs l’ont accusé d’« outrage aux religions » (art. 98(f) ECC), d’« atteinte aux valeurs familiales égyptiennes » (art. 25 de la loi sur la cybercriminalité de 2018) et d’« utilisation abusive des réseaux sociaux » (art. 27 de la loi sur la cybercriminalité de 2018).
Le 29 janvier 2022, le tribunal économique du Caire a condamné M. Girgis à cinq ans d’emprisonnement pour avoir exploité la religion afin de diffuser des idées extrémistes, avoir méprisé l’islam et avoir porté atteinte aux valeurs familiales égyptiennes.
Le 6 mars 2024, la chambre pénale de la Cour de cassation, la plus haute juridiction d’appel en matière de droit en Égypte, a rejeté le pourvoi en cassation formé par Girgis.
Il est à craindre qu’Augustinos Samaan ne subisse le même sort.







