Les faits se seraient produits dans la soirée du 1er novembre. La jeune femme, en détresse physique et psychologique, se serait rendue aux urgences de l’UZ Jette après avoir constaté des saignements abondants et des douleurs aiguës, signes d’une fausse couche en cours. Selon son témoignage, relayé par La Libre Belgique, elle aurait supplié le personnel médical de la prendre en charge immédiatement. Mais son état émotionnel, sa panique et son absence d’un dossier administratif complet auraient conduit à un malentendu dramatique : au lieu de recevoir des soins, elle aurait été invitée à quitter les lieux.
La situation aurait dégénéré lorsque la femme, en pleurs et en souffrance, a refusé de partir. Un agent de sécurité aurait alors fait appel à la police, qui serait intervenue pour « trouble à l’ordre public ». Selon la plainte déposée, les policiers l’auraient menottée et conduite hors du bâtiment alors qu’elle saignait encore. Des témoins présents décrivent une scène choquante : une femme en état de faiblesse, traînée hors d’un hôpital, sous le regard indifférent de plusieurs passants.
La victime affirme avoir vécu un traitement qu’elle qualifie d’inhumain et de dégradant. Dans sa déposition, elle explique avoir été humiliée publiquement, privée d’assistance médicale et traitée « comme une délinquante plutôt qu’une patiente ». Elle a ensuite été relâchée après plusieurs heures, sans examen médical ni soins adaptés à son état. Ce n’est qu’ensuite qu’elle a pu consulter un autre service hospitalier, où la fausse couche a été confirmée et prise en charge.
Son avocat dénonce une double faute : une faute médicale, pour refus d’assistance à personne en danger, et une faute institutionnelle, pour atteinte à la dignité humaine. Selon lui, la patiente aurait été victime d’un amalgame entre précarité, origine étrangère et absence de documents, conduisant à une réaction discriminatoire. L’affaire a été transmise au parquet de Bruxelles, et une enquête est en cours.
De son côté, la direction de l’UZ Brussel a indiqué dans un communiqué qu’elle « prend ces accusations très au sérieux » et qu’une « enquête interne a été immédiatement ouverte ». L’hôpital affirme vouloir « faire toute la lumière sur les circonstances exactes de cet incident », tout en rappelant son « engagement envers l’éthique médicale, la dignité des patients et le respect des protocoles d’urgence ». La police locale, contactée par plusieurs médias, n’a pas souhaité commenter le dossier, se limitant à confirmer « une intervention dans un contexte de tension à l’hôpital ».
L’affaire a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux et dans plusieurs associations de défense des droits des femmes et des migrants. Des voix s’élèvent pour dénoncer un « manquement grave à la déontologie médicale » et un « abus d’autorité incompatible avec les valeurs humanistes que la Belgique revendique ». Plusieurs associations féministes et humanitaires appellent à une mobilisation devant l’hôpital de Jette pour réclamer justice et vérité.
Au-delà du fait divers, ce drame met en lumière des questions plus profondes sur l’accès aux soins pour les femmes migrantes, la formation du personnel hospitalier face aux urgences obstétricales et la responsabilité morale des institutions publiques. La Belgique, qui se veut exemplaire en matière de respect des droits humains, se retrouve ici confrontée à une situation qui interroge la compatibilité entre les principes et la pratique.
Pour la plaignante, au-delà de la procédure judiciaire, il s’agit d’une quête de dignité. « Je ne veux pas que d’autres femmes vivent ce que j’ai vécu », aurait-elle confié à son entourage. Le parquet devra désormais déterminer si la responsabilité de l’UZ Jette ou des agents de police peut être engagée pour non-assistance à personne en danger ou traitement dégradant. En attendant les résultats de l’enquête, cette affaire jette une ombre lourde sur le système hospitalier bruxellois et sur le rapport entre institutions et vulnérabilité humaine.




