L’impensable s’est produit ce 9 septembre 2025 : pour la première fois, Israël a mené une frappe militaire ciblée en plein cœur de Doha, capitale du Qatar, visant directement la direction politique en exil du Hamas. Des explosions ont secoué la ville, faisant trembler le quartier de Katara, où de hauts responsables du mouvement islamiste palestinien avaient trouvé refuge depuis des années. Des colonnes de fumée se sont élevées dans le ciel, visibles à des kilomètres, révélant à la fois la précision et la brutalité de l’opération.
Selon l’armée israélienne, il s’agissait d’une « frappe chirurgicale » destinée à décapiter la direction du Hamas hors de Gaza. Parmi les cibles visées figuraient des figures de premier plan : Khalil al-Hayya, chef politique influent de Gaza, Zaher Jabarin, responsable des opérations en Cisjordanie, Muhammad Darwish, ainsi que l’ancien leader historique Khaled Mashal, installé depuis longtemps au Qatar. Des rumeurs persistantes font état de la mort de Khalil al-Hayya, bien que le Hamas nie pour l’instant cette information, refusant de confirmer toute perte dans ses rangs.
La riposte diplomatique ne s’est pas fait attendre. Doha a dénoncé un « crime odieux », une « violation flagrante de sa souveraineté » et une atteinte grave au droit international. Le gouvernement qatari, qui se présente depuis des années comme un acteur incontournable dans les négociations de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, voit son rôle de médiateur fragilisé par cette attaque sans précédent. Les autorités locales ont par ailleurs indiqué que des résidences civiles ont subi des dégâts, alimentant la colère de la population et renforçant l’accusation selon laquelle Israël aurait franchi une ligne rouge en frappant un pays tiers.
Au-delà du choc immédiat, cette frappe soulève des questions explosives. En s’attaquant directement aux dirigeants du Hamas installés à Doha, Israël internationalise encore davantage le conflit et prend le risque d’un embrasement régional. Le Qatar, proche allié des États-Unis mais aussi soutien politique et financier du Hamas, est désormais placé au centre d’un jeu géopolitique d’une extrême dangerosité. Plusieurs sources diplomatiques affirment que l’opération israélienne aurait reçu le feu vert de l’administration Trump, signe que Washington a choisi d’assumer une escalade susceptible de bouleverser l’équilibre déjà fragile du Moyen-Orient.
Cette frappe à Doha n’est pas seulement une démonstration de force militaire. Elle est un message, brutal et clair : plus aucun refuge n’est sûr pour les chefs du Hamas, où qu’ils se trouvent. Mais elle ouvre aussi une ère nouvelle, celle où les conflits de Gaza débordent désormais dans les capitales arabes, touchant de plein fouet les États qui pensaient pouvoir rester des terrains neutres de négociation. Le choc de Doha marque un tournant : après Gaza, après le Liban, c’est désormais le cœur du Qatar qui est frappé, laissant planer une question lourde de conséquences, jusqu’où Israël est-il prêt à aller, et quel prix le Moyen-Orient paiera-t-il pour cette escalade sans précédent ?




