Près de La Corogne, en Galice, le paysage énergétique change d’échelle. L’opérateur Endesa remplace quarante turbines installées il y a une trentaine d’années par quatre éoliennes de dernière génération. L’opération doit permettre de presque doubler la quantité d’électricité produite sur ce site, tout en réduisant fortement le nombre de mâts visibles. Dans une région déjà familière de l’énergie éolienne, ce chantier illustre la transformation d’un secteur arrivé à maturité.
Le principe est celui du renouvellement de parcs existants, souvent désigné dans le secteur par le terme de « repowering ». Il ne s’agit pas d’ouvrir un nouveau front industriel, mais de remplacer des machines vieillissantes par des équipements plus performants. Les turbines récentes captent mieux le vent et disposent d’une puissance unitaire nettement supérieure aux modèles installés dans les années 1990. La conséquence peut être double : augmenter la production électrique et limiter l’occupation visuelle du territoire, un point sensible dans les zones rurales ou littorales où les installations se sont accumulées au fil des décennies.
Cette approche bénéficie d’un soutien de l’Union européenne, qui accompagne des projets destinés à moderniser les infrastructures énergétiques et à renforcer la part des renouvelables. En Espagne, où le vent constitue déjà une ressource importante du mix électrique, le remplacement des premiers parcs devient un enjeu industriel. Les installations les plus anciennes atteignent désormais un âge où la maintenance, le rendement et l’intégration au réseau imposent des choix. La modernisation permet de valoriser des sites déjà équipés, souvent raccordés et connus des opérateurs.
La Galice concentre plusieurs des défis de cette transition : ressources venteuses importantes, paysages exposés et débats récurrents sur l’implantation des infrastructures. En réduisant le nombre d’éoliennes sans diminuer l’ambition de production, le chantier mené près de La Corogne offre un exemple concret d’adaptation. La dynamique gagne plus largement la péninsule Ibérique, où les parcs de première génération entrent progressivement dans une phase de renouvellement. Pour les territoires concernés, l’enjeu dépasse la seule performance technique : il porte aussi sur l’acceptabilité des projets, la gestion des sites existants et la capacité à produire davantage d’électricité renouvelable sans multiplier les installations.






