Le projet budgétaire présenté dans le « contre-budget » du Rassemblement national prévoit, entre autres mesures, l’instauration d’une taxe de 1 000 euros pour chaque embauche d’un travailleur extra-européen. Cette disposition s’inscrit dans une logique de préférence nationale voulue par le parti et par sa direction nationale, dont la leader est Marine Le Pen. Le document vise à traduire en mesures chiffrées des priorités politiques mises en avant par le parti.
La proposition a d’ores et déjà suscité des réponses critiques de la part du monde économique. De nombreux chefs d’entreprise estiment que le dispositif serait « déconnecté des réalités du marché du travail », en particulier dans des secteurs qui recrutent traditionnellement des salariés hors Union européenne. Les critiques évoquent un risque d’alourdissement des charges pour les employeurs et une complexification des procédures de recrutement.
Sur le plan juridique, l’idée d’appliquer une préférence nationale au sein du secteur privé soulève des questions de compatibilité avec les normes européennes et les principes de non-discrimination. Des juristes et observateurs rappellent que toute mesure visant à différencier l’accès à l’emploi en fonction de la nationalité ou du statut migratoire doit s’articuler avec les cadres légaux existants. Par ailleurs, les conséquences économiques possibles — tensions sur l’offre de main-d’œuvre, hausse des coûts pour certains secteurs, ou contournements administratifs — alimentent les interrogations quant à l’efficacité pratique d’une telle taxe.
Les partisans du texte avancent qu’il s’agit d’une manière de protéger l’emploi national et de privilégier les résidents dans l’accès au travail, tandis que ses opposants soulignent les difficultés opérationnelles et juridiques. Quel que soit l’angle retenu, la mesure annoncée par le Rassemblement national est appelée à nourrir le débat public sur l’immigration, le marché du travail et la politique économique dans les semaines à venir, entre analyses d’impact et examen par les institutions compétentes.






