Le projet de budget 2027 intègre des mesures qui favorisent explicitement le financement des futurs réacteurs EPR2 au détriment de certaines lignes budgétaires consacrées aux énergies décarbonées. Selon l’ingénieur Stéphane His, dans une tribune publiée dans Le Monde, le texte retire 120 millions d’euros des crédits dédiés aux énergies renouvelables et institue une garantie de l’État pour un prêt adossé au Livret A destiné à financer les six EPR2 d’EDF, garantie étendue jusqu’en 2090.
Le budget ne plafonne ni les intérêts attachés à ce mécanisme de financement, ni ne présente un chiffrage global consolidé du coût supporté par les finances publiques sur l’ensemble de la période couverte par la garantie. Ces éléments, soulignés par Stéphane His, apparaissent dans sa contribution comme des omissions notables du document budgétaire, qui rendent difficile l’évaluation du risque financier à long terme porté par l’État et les déposants du Livret A.
La logique retenue par l’exécutif, telle que décrite dans la tribune, marque une orientation nette en faveur du nucléaire industriel avec la programmation de six nouveaux EPR2, au détriment de ressources affectées aux filières renouvelables. Le retrait de 120 millions d’euros des crédits concernés s’inscrit dans ce basculement de priorités et soulève des questions sur la lisibilité et la cohérence de la stratégie énergétique à l’horizon décennal, compte tenu de l’absence d’éléments chiffrés relatifs au coût complet du montage financier proposé.
Les dispositions identifiées par Stéphane His devraient, dans les prochaines semaines, alimenter les discussions parlementaires et les demandes de clarification sur les engagements financiers de l’État. À ce stade, le projet de budget apporte une première traduction comptable de la volonté de soutenir la construction des EPR2, tout en laissant ouvertes des interrogations sur la portée réelle et le coût long terme des garanties accordées.






