Mona Chollet explore dans son nouvel ouvrage Soigner sa peau la montée en puissance d’une attention collective portée au visage et à la peau. Journaliste et essayiste reconnue, elle propose une réflexion personnelle qui embrasse autant les gestes quotidiens — les fameuses routines beauté — que les interventions plus radicales. L’auteure interroge les raisons profondes de cette obsession contemporaine et la place qu’elle occupe désormais dans les pratiques sociales.
Le livre examine le lien entre quête de bien-être et contexte d’incertitude généralisée. Selon Chollet, le soin corporel fonctionne souvent comme un refuge face à un monde perçu comme instable: des rituels apaisants viennent compenser des fragilités extérieures. En parallèle, elle met en lumière la manière dont l’industrie de la cosmétique structure et amplifie ces besoins, transformant des pratiques corporelles en marchés et en offres de consommation permanentes.
Parmi les axes développés, l’auteure questionne la normalisation progressive des interventions médicales esthétiques et la porosité entre soin et spectacle. La réflexion aborde aussi la dimension politique du soin: quand la prise en charge esthétique devient attente sociale, les responsabilités personnelles et collectives se recomposent. La tension entre autonomie individuelle et pression normative émerge comme une clef de lecture pour comprendre les transformations récentes.
Sans adopter un ton polémique, Mona Chollet invite le lecteur à repenser les pratiques et les discours qui entourent la peau et le visage. Son enquête, à la croisée de l’intime et du sociétal, contribue au débat public en ouvrant des pistes pour saisir comment des gestes apparemment banals révèlent des dynamiques économiques et culturelles plus larges. L’ouvrage parle autant des consommateurs que des structures qui façonnent leurs désirs.






