Pouvoir d’achat et qualité de vie ne se confondent pas, soutient Michel Millot dans une tribune publiée par Le Monde. L’auteur, designer industriel, attire l’attention sur les limites d’une lecture exclusive des recettes et des tickets de caisse pour évaluer le niveau de vie des ménages. Son intervention s’inscrit dans le débat public sur le pouvoir d’achat et la manière dont les indicateurs économiques orientent les choix politiques.
Selon le propos rappelé par la tribune, réduire l’analyse à la capacité de consommer risque d’occulter des dimensions matérielles et immatérielles du quotidien : accès aux services, qualité du logement, temps disponible, ou encore conditions de production des biens. Ces éléments, souligne l’auteur, ne se lisent pas directement sur un ticket, même lorsque les prix ou l’inflation font l’objet d’une attention médiatique et politique accrue.
Le constat soulève des enjeux concrets pour les décideurs. Si les politiques publiques prennent exclusivement pour référence la seule capacité à acheter, les mesures sociales et fiscales peuvent manquer leur cible face à des besoins qui relèvent de standards de vie plus larges. Des choix en matière d’aménagement, de régulation ou d’investissement public peuvent ainsi rester hors du champ lorsque l’évaluation se limite à la consommation monétaire.
Intervenant depuis la perspective du design, Michel Millot apporte au débat une voix professionnelle qui invite à diversifier les outils de mesure. Sa prise de position rejoint des interrogations plus générales sur la manière de documenter le bien‑être collectif : quels indicateurs retenir, comment rendre visible l’invisible du quotidien, et quelles conséquences pratiques pour les politiques publiques ? En donnant une autre focale que celle du simple acte d’achat, la tribune contribue à élargir la discussion sur les objectifs et les méthodes visant à améliorer les conditions de vie.






