Dans une tribune parue récemment, Sébastien Bailly déplore la polarisation du débat autour de l’intelligence artificielle et de la création littéraire. L’auteur constate que la discussion tend à enfermer les créateurs dans deux postures opposées — l’innocence technique ou l’accusation de tricherie — et plaide pour la reconnaissance d’une troisième voie : le droit d’un auteur à recourir à des outils numériques en toute transparence. La démarche, telle qu’exposée, met l’accent sur la nécessité d’adapter les pratiques éditoriales aux évolutions technologiques.
Le texte met en lumière les enjeux professionnels et culturels que suscite l’emploi d’outils automatisés dans l’écriture. Pour de nombreux concernés, l’usage d’assistants numériques modifie les procédures de création et de révision sans pour autant abolir la responsabilité de l’auteur. La question de l’attribution claire des contributions, du respect du lectorat et de la manière dont les maisons d’édition intentent leurs choix éditoriaux ressort comme centrale. Ces préoccupations soulignent l’écart entre innovations techniques et cadres normatifs existants.
Dans ce contexte, l’appel à la transparence vise à établir des pratiques communes pour les écrivains et les acteurs du milieu. Plusieurs pistes sont évoquées de façon générale : énoncer l’emploi d’outils numériques dans les mentions éditoriales, définir des codes de bonne conduite au sein des collectifs professionnels, et informer les lecteurs sur le processus de création. L’objectif n’est pas de sanctifier une méthode, mais de permettre une évaluation éclairée des œuvres et d’éviter des jugements hâtifs fondés uniquement sur la présence ou l’absence d’assistance numérique.
Au-delà du cas individuel, l’intervention engage un débat plus large sur l’avenir de la littérature à l’ère numérique et sur la façon dont les institutions culturelles et juridiques répondront aux transformations en cours. En mettant l’accent sur la transparence plutôt que sur la stigmatisation, la proposition vise à ouvrir une conversation sur les normes professionnelles et la relation entre créateurs, éditeurs et lecteurs, sans fournir de recettes toutes faites mais en posant des questions structurantes pour la suite.






