Les autorités ont lancé cet été une campagne destinée à soutenir les personnes confrontées à écoanxiété, alors que des incendies majeurs ravivaient les préoccupations environnementales. Le dispositif, présenté comme un accompagnement pour gérer les émotions liées au dérèglement climatique, intervient au même moment où la question de la réponse publique aux catastrophes est au centre du débat. Pour Stéphane Foucart, journaliste au service Planète, la transformation d’une angoisse collective en problème médicalisé renvoie à un déséquilibre entre prévention, politique publique et prise en charge individuelle.
La campagne gouvernementale visait à proposer des outils et des ressources pour aider des personnes à faire face au stress et à l’inquiétude provoqués par les événements climatiques. Ce type d’initiative, axé sur le soutien psychologique, peut soulager des individus, mais il s’inscrit également dans un contexte où la demande de mesures structurelles — prévention des risques, réduction des émissions, plans d’adaptation — demeure prégnante. Le choix du registre d’intervention soulève des questions sur la portée et les objectifs de la communication publique en période de crise.
La critique formulée par Stéphane Foucart souligne un point précis: lorsque l’anxiété liée au climat est traitée principalement comme un trouble à soigner, l’attention se déplace de la responsabilité collective vers la gestion individuelle. Cette lecture n’invalide pas la nécessité d’un accompagnement psychologique, mais met en lumière un risque politique — que la médicalisation serve à détourner l’exigence d’actions publiques plus ambitieuses pour prévenir et atténuer les effets des catastrophes.
Au-delà du débat s’ouvre une tension pratique et symbolique entre santé mentale et politiques climatiques. Les spécialistes, les autorités et la société civile sont confrontés à la nécessité de combiner réponses immédiates de soutien et mesures structurelles durables. La manière dont les campagnes publiques cadrent ces actions influencera la confiance des citoyens et la capacité des institutions à répondre aux enjeux environnementaux et humains posés par les épisodes extrêmes.






