Cinq économistes en chef rattachés aux organisations syndicales des pays scandinaves ont signé une tribune dans Le Monde pour mettre en garde contre les dangers d’une discipline budgétaire appliquée trop tôt. Leur message principal est simple : si la maîtrise des déficits reste un objectif légitime, elle peut devenir contre-productive lorsque la demande globale est insuffisante.
Les signataires expliquent que des coupes budgétaires menées en période de faible consommation et d’investissement risquent d’affaiblir davantage la croissance, retardant le retour à l’équilibre des comptes publics. Ils rappellent des mécanismes économiques bien connus : une réduction des dépenses publiques ou une hausse des impôts peut peser sur la demande intérieure, réduire les recettes fiscales et finalement compliquer la consolidation budgétaire que l’on cherchait à atteindre.
Dans le même texte, les économistes dénoncent la stratégie du gouvernement d’extrême droite en Finlande, considérée par eux comme un exemple de politique axée sur l’austérité plutôt que sur le soutien à la relance. Ils soulignent que des choix publics orientés d’emblée vers un resserrement peuvent avoir des effets sociaux et économiques durables, en particulier sur l’emploi, l’investissement public et la capacité des États à financer la transition écologique et les services publics.
Leur intervention s’inscrit dans un débat européen plus large sur le calendrier et la portée de l’ajustement budgétaire. Pour ces économistes syndicaux nordiques, la question cruciale n’est pas l’abandon de la discipline mais son calibration : l’équilibre entre soutiens temporaires à la demande et consolidation à moyen terme. En soulevant ces points dans une tribune internationale, ils cherchent à enrichir la réflexion sur la meilleure manière d’articuler politique budgétaire, reprise économique et cohésion sociale au sein de l’Europe.






