Un collectif d’intellectuels et de citoyens, originaires d’Algérie ou issus de la diaspora, a publié une tribune dans Le Monde pour exprimer son inquiétude devant la progressive marginalisation du français au profit de l’anglais. Les signataires mettent en garde contre des choix guidés selon eux davantage par des considérations idéologiques que par une stratégie linguistique cohérente, et rappellent la place que la langue française occupe dans les échanges scientifiques, culturels et éducatifs du pays.
La tribune s’inscrit dans un contexte où la mondialisation, les dynamiques universitaires et le marché du travail poussent vers une valorisation accrue de l’anglais. Parallèlement, le français conserve des ancrages profonds dans les milieux académiques et culturels algériens. Ce double mouvement — poussée vers l’international d’une part, permanence d’un héritage linguistique d’autre part — met en lumière l’absence, selon les signataires, d’une orientation publique stable qui permette de concilier ouverture et préservation des acquis.
Les auteurs de la tribune soulignent plusieurs enjeux concrets : la continuité des formations universitaires, l’accès aux corpus scientifiques en langue française, et la circulation des œuvres culturelles. Ils craignent que des décisions improvisées n’entraînent des ruptures dans la transmission du savoir et dans les coopérations francophones existantes. Leur appel vise à attirer l’attention sur les conséquences possibles pour les chercheurs, les étudiants et les acteurs culturels si la question linguistique n’est pas traitée dans une perspective structurée.
Ce débat, porté publiquement par des personnalités et citoyens engagés, pose des questions larges sur l’identité linguistique, la politique éducative et la position internationale de l’Algérie. La tribune demande une réflexion mesurée et une politique linguistique qui tienne compte à la fois des nécessités liées à la mobilité et à l’employabilité et de la préservation d’un patrimoine intellectuel et culturel jugé significatif par ses signataires.






